Agriculture : on peut consommer autrement dans les Monts d’Or

Mardi 29 mars s’est déroulé un débat passionnant à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or sur le « consommer autrement dans les Monts d’or » à l’initiative  du collectif « Gauche Ouverture » de St Cyr.

Devant un auditoire d’une trentaine de personnes, quatre agriculteurs  ont présenté leur travail et évoqué avec passion leurs difficultés mais aussi leurs réussites :

  • Cécile GRAND, céréalière-éleveur à Poleymieux cherchant à enrichir son activité de viande au regard de la baisse du cours du lait,
  • Elise OGIER, boulangère et associée au GAEC « Les Terres d’Eole » à Poleymieux, qui  recouvre l’intégralité de la filière de la culture des céréales à la fabrication du pain en passant par la minoterie,
  • Etienne JACQUEMEL, maraîcher à Saint-Didier-au-Mont-d’Or sur des terrains de l’école Fromente,
  • Franck DECRENISSE, maraicher, viticulteur et producteur de fruits à Chasselay.

Le rôle important qu’ils jouent dans la préservation et l’entretien des paysages ainsi que dans la proposition de produits de qualité est fortement initié par le Syndicat Mixte des Monts d’Or qui loue des terres acquises ainsi que des locaux pour promouvoir cette agriculture de proximité tout en aidant financièrement au travail de parcelles difficiles pour qu’elles ne tombent pas en friches et disparaissent à terme.

Si la très bonne qualité des terroirs est mise en avant, ce sont aussi les façons de le travailler qui, loin des productions intensives, privilégient la diversité des cultures, le maintien des haies et de la biodiversité, garante d’une forme de permaculture où chaque élément devient acteur pour les autres, réduisant ainsi fortement voire annulant le recours aux traitements phytosanitaires.

Des expériences passionnantes sont en cours :

  • La cuvée « Conservatoire » qui regroupe des centaines de variétés de gamay.

    affiliation au conservatoire national du cépage GAMAY pour plus de 900 variétés chez F. DECRENISSE, avec en outre des mélanges à titre expérimental qui débouchent sur des vins surprenants,

  • restitution et collecte de semences locales anciennes dans le cadre d’un partenariat avec la Métropole pour Etienne JACQUEMEL
  • jardins en permaculture dans le cadre de l’école FROMENTE à Saint-Didier, compostage de la cantine scolaire et préparation des repas avec la production du jardin pour Etienne JACQUEMEL
  • diversification des céréales pour élargir l’offre de pains et bientôt ouverture d’une biscuiterie pour Elise OGIER
  • Exploitation qui se développe avec 3 personnes en janvier 2016 chez C. GRAND, pour être autonome en fourrages et se passer de maïs. Ventes à la ferme et cassettes de viande sur commande.

Au-delà d’une recherche de qualité, pour la plupart en bio ou fortement « raisonné », ce sont les filières de vente locales qui  sont plébiscitées par tous : marchés locaux, AMAP, vente à la propriété… en parfaite adéquation avec une faible empreinte carbone (absence de transport et des produits de conservation qui peuvent en découler) et le souci d’un lien direct avec les consommateurs. Tous par contre évoquent la difficulté de consacrer le temps nécessaire à ce contact et recherchent des formes de coopération, regroupements de points de diffusion et vente… qui tout en demeurant 100% locaux ménageraient le temps de production et fabrication mais aussi leur vie familiale.

Poussés plus loin, on pourrait imaginer des systèmes de coopérative où producteurs et utilisateurs seraient associés pour développer un réseau de jardins de production locale essaimés dans les communes avec échange de semences indigènes, développement d’une approche pédagogique avec les écoles, voire utilisation d’une monnaie locale…

Cécile Grand (photo Criel Sud Est).

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A propos de l'auteur de cet article

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Bertrand est l'un des membres fondateurs de l'association Vivre Couzon dont il est actuellement trésorier-adjoint. Il est en outre membre du Comité de Rédaction de VivreCouzon.org.