Bientôt une porcherie en plein air à Couzon

Pendant le dernier conseil municipal, un petit détail nous avait mis la puce à l’oreille. Au moment d’avaliser la proposition de révision du plan local d’urbanisme soumise au conseil par la Métropole, la municipalité de Couzon avait fait une seule proposition d’amendement, sur demande de Gérard Dardet : le passage d’une parcelle classée en zone naturelle vers une vocation agricole, au lieu-dit Pélocet.

Pélocet, vous savez, en contrebas de la route du Génie, avant de monter au Mont Thou, juste sous le parking des pins. Juste là où de nouvelles clôtures ont été construites.

 

Pélocet vu du parking des Pins (Photo © Syndicat Mixte des Monts d’Or).

 

Lors du conseil, le maire n’avait pas l’air de vouloir se répandre en explications sur la question. Il s’est d’ailleurs montré tellement elliptique que nous avons eu envie d’en savoir plus.

Pas besoin de chercher longtemps : le nouveau site du syndicat des Monts d’Or nous l’explique très bien. Le syndicat soutient l’installation d’un éleveur de porcs en plein air sur plusieurs parcelles situées à Pélocet.

 

Sur 5,5 hectares s’égailleront huit truies, un verrat et une cinquantaine de petits porcelets. On sera donc loin des élevages concentrationnaires sur claies qui fournissent la viande polyphosphatée des grandes surfaces. On sera davantage dans la ligne de la politique d’installation d’activités agricoles bien intégrées du syndicat, après les maraîchers bio de Curis, les viticulteurs de Poleymieux et les chèvriers de Limonest.

C’est donc la première exploitation agricole qui devrait voir le jour depuis bien longtemps sur le territoire de la commune. Plutôt que d’éluder la question en conseil, notre maire pourrait tout à fait en être fier. Pas de quoi non plus lancer une pétition comme l’a fait un Saint-Cyrois en laissant croire qu’on allait voir des hectolitres de lisier se répandre sur les pentes des Monts d’Or.

Reste cependant deux points de vigilance. Le premier est plutôt sensible en ce moment : le sentier balisé qui passe par là, en blanc sur le plan, sera-t-il toujours à l’usage des promeneurs, et non pas annexé à l’activité d’élevage ? Luc Bolevy, qui a rédigé notre dernier article sur la question, s’interroge :

Le document en notre possession n’est sans doute qu’un document de travail. Pour preuve: le parcellaire identifié pour le parc d’engraissement nord en zone boisée pentue recouvre partiellement la route du Tignot et le sentier balisé au PDMIPR (plan départemental et métropolitain itinéraires de petite randonnée). Tout ce projet mériterait des explications en toute transparence, notamment en termes d’incidences possibles sur les milieux naturels.
 En effet, l’autre question tient au classement en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) qui recouvre l’endroit. Au printemps, l’endroit est réputé comme pelouse à orchidées rares.

La présence de ZNIEFF était l’un des arguments que l’association SEVDOR avait retenu pour légitimer le nouveau plan des sentiers de randonnée. Les cochons dans les prés sont-ils plus compatibles avec la biodiversité que les chevaux sur les chemins ? La question peut être posée.

 

Mot Clefs de cet article : , , , , , , ,

A propos de l'auteur de cet article

Nicolas Gauthy
est l'auteur de 61 articles sur VivreCouzon.org

Nicolas est l'un des membres fondateurs de Vivre Couzon dont il est actuellement Président. Il est également l'un des piliers du comité de rédaction de VivreCouzon.org