Biodiversité : vivent les sauvages de nos rues !

Le 22 mai dernier, Vivre Couzon et le groupe botanique du Val de Saône vous ont emmenés en balade à la rencontre des Sauvages de nos rues. L’idée : découvrir la diversité des plantes qui poussent spontanément sur nos trottoirs et nos murailles.

Oxalis, ruine de Rome, plantain lancéolé, pimprenelle… Nous savons maintenant qu’elles ont chacune un nom, une histoire, une manière bien à elles de se reproduire…

(cliquez pour faire défiler les photos)

Notre sortie avait la bénédiction du programme «Sauvages de ma rue» du Muséum National d’Histoire Naturelle. Pourquoi cette vénérable institution s’attache-t-elle tant à sensibiliser la population à la flore urbaine ? La réponse ici…

Pourquoi tant de haine ?

Seulement, la semaine qui a précédé la visite, le gang des rotofils avait sévi : une brigade de cinq personnes avait rasé une grande partie des bordures de chemins.

Pesticides ou rotofils, la culture de nos collectivités est encore à considérer les plantes en ville comme des «mauvaises herbes». Pourquoi tant de haine ? J’ai posé la question à une spécialiste locale de l’environnement.

« Au bord des routes, le défrichage est une question de sécurité afin de préserver la visibilité, nous explique-t-elle. Ailleurs, c’est surtout pour supprimer les petits arbustes qui pourraient proliférer et envahir les terrains. Nous demandons à ce qu’il n’y ait qu’une seule fauche par an, la plus tardive possible, pour laisser aux plantes la possibilité de se reproduire. »

Il y aurait aussi fort à faire pour réorienter ces efforts vers un travail plus sélectif et vers le contrôle des plantes invasives comme la renouée du Japon, véritable plaie de nos rivières et de nos bords de routes.

Mais les habitudes sont tenaces, et les prestataires du fauchage, des entreprises privées, font rarement dans la dentelle. Au moment de faire leurs plannings, la sauvegarde du linaire et de la chélidoine ne sont pas dans leurs priorités. Le sens esthétique des partisans du poil ras est également discutable :

talusrasQuant aux pesticides, RoundUp et autres délices, leur usage sera interdit d’ici cinq ans. Là, l’enjeu est d’une autre nature, car au-delà de la valeur inestimable de la biodiversité, c’est en plus une question de santé publique. À nos collectivités d’anticiper cette échéance et de changer dès maintenant leurs pratiques.

Pour les plus créatives, et pour certaines zones seulement, on peut même remplacer le rotofil par des moutons (lire ici…).

 

Mot Clefs de cet article : , , , , ,

A propos de l'auteur de cet article

Nicolas Gauthy
est l'auteur de 56 articles sur VivreCouzon.org

Nicolas est l'un des membres fondateurs de Vivre Couzon dont il est actuellement Président. Il est également l'un des piliers du comité de rédaction de VivreCouzon.org