Une charte de bonne conduite pour les associations

La mairie de Couzon prépare une charte d’engagements mutuels avec ses associations. Elle sera entre autres censée améliorer la gestion des salles municipales. Le pari n’est pas gagné d’avance.

Les associations ont besoin de la mairie. Sans elle, pas de locaux, pas de terrains de sport, pas de salle de spectacle…

La mairie a besoin des associations. Sans elles, Couzon perd son attractivité, son animation, mais aussi son principal vivier de personnes engagées en mesure de faire vivre le village.

Pourtant, d’un côté comme de l’autre, les griefs sont nombreux : dégradations des locaux, vols, ménage mal fait… «On a trouvé des blattes dans les cuisines de la salle d’animation rurale», se scandalise une dirigeante. «On m’a volé tout mon matériel qui était pourtant bien planqué sous la scène», se plaint le responsable d’une troupe de théâtre.

Selon la mairie, les associations représentent pour la commune un budget de fonctionnement de 40 000 euros par an pour entretenir les salles, terrains de sport et autres.

Engagements mutuels

Charte des associationsC’est pourquoi le conseil municipal souhaite soumettre une charte d’engagements mutuels avec les associations. Il l’a annoncé fin mai lors d’une rencontre ouverte à tous les responsables associatifs.

«Cette charte sera basée sur les valeurs suivantes : respect, efficacité, communication, transparence, responsabilité, sécurité, vie démocratique, a énoncé alors Sophie Meyniel-Méot, membre de la commission associations. De la part des associations, l’engagement attendu est : le respect de l’argent et des biens publics, la transparence, la responsabilité, la sécurité.»

Cette charte doit être signée officiellement à l’occasion du forum des associations début septembre. Les associations avaient jusqu’à la fin du mois de juin pour faire part de leurs souhaits. La commission se réunira le 9 juillet afin de s’arrêter sur un premier jet du texte à envoyer aux responsables associatifs.

«À ce stade, nous vous demanderons de ne pas faire trop de remarques, car nous ne pourrons pas tout intégrer», avait fait remarquer Sophie Meyniel-Méot à la réunion du 28 mai.

«Pour rédiger une charte d’engagements mutuels, il est important que chaque partie puisse s’approprier le texte, et donc avoir le temps de faire les remarques nécessaires sur le texte de base après le premier jet», avait alors objecté Vivre Couzon, présent à la réunion. Pour les associations, en tout cas, attention à la torpeur estivale: ce mois de juillet sera le moment de faire connaître leurs points de vue. À la rentrée, il sera trop tard.

Qu’adviendrait-il alors des associations qui refuseraient de signer la charte? L’accès aux salles communales leur sera-t-il interdit? Les subventions seront-elles coupées? À ce stade, la mairie n’a pas les réponses à ces questions. 

La question des clefs

L’une des idées actuellement en débat est celle d’un chèque de caution qui serait désormais demandé pour tout usage ponctuel d’une salle municipale. La nouvelle municipalité a aussi annoncé qu’elle serait intransigeante sur les conditions d’assurance et de sécurité. Pour réserver une salle, il faudra désormais obligatoirement passer par l’adresse mail générale de la mairie qui s’engage à réagir rapidement. Un planning annuel de l’occupation des salles sera mis en ligne.

Ces mesures seront-elles suffisantes ? «Cette charte sera inutile si on ne résout pas la question des clefs qui est centrale, estime Véronique Leclercq, conseillère municipale membre de la commission associations. Aujourd’hui, personne ne sait qui a les clefs de quelle salle. De nombreuses copies circulent. Par exemple, on retrouve fréquemment des enfants qui s’introduisent dans la salle d’animation rurale. Si un accident se produit, personne ne sait qui devra être tenu responsable.»

Pendant la campagne, J’aime Couzon avait proposé de mettre en place une gestion de toutes les entrées avec un système de serrures électroniques et de cartes configurables en fonction des droits d’accès. Cette idée demanderait un investissement tout à fait réalisable, selon Bertrand Michal, architecte couzonnais: «Ce système n’oblige pas à changer toutes les portes. Il faut le faire seulement si elles s’avèrent inefficaces contre l’effraction, mais c’est le même problème avec une serrure classique. L’équipement en serrures électroniques peut se faire progressivement en fonction d’un budget planifié, le logiciel peut venir tout de suite ou plus tard… Il y a en fait une très grande souplesse de réponse.»

Bertrand Michal estime le coût d’un tel système à 450€ HT/serrure et 2 à 3000€HT la partie logiciel/formation/graveur de badges. Vu le budget d’entretien des salles et la grogne généralisée sur leur état, le jeu en vaudrait peut-être la chandelle. 

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A propos de l'auteur de cet article

Nicolas Gauthy
est l'auteur de 59 articles sur VivreCouzon.org

Nicolas est l'un des membres fondateurs de Vivre Couzon dont il est actuellement Président. Il est également l'un des piliers du comité de rédaction de VivreCouzon.org