Couzon entérine-t-il les arrangements de Collomb ?

C’est bien connu : depuis toujours, à Lyon, la politique est souvent moins une affaire d’idéologie que d’arrangements conclus dans de discrets salons, à l’issue de fameux déjeuners, entre grands élus, quelques soient leurs partis.

C’est ce que, selon les élus de la liste J’aime Couzon, Patrick Véron aurait laissé entendre lors de la commission générale* à propos de l’histoire suivante.

Suite à l’adhésion de Quincieux, la répartition des sièges au conseil communautaire du Grand Lyon a dû être revue. Selon la loi et les mystérieuses formules mathématiques de calcul de répartition des sièges, l’impétrante aurait dû créer la petite valse à quatre temps qui suit :
– Quincieux arrivait donc avec 1 délégué,
– Vaulx-en-Velin gagnait 1 délégué en plus des 4 actuels,
– Saint-Fons gagnait 1 délégué en plus de son délégué actuel,
– Oullins perdait 1 délégué sur ses 3 délégués actuels.

François-Noël Buffet, sénateur-maire d'Oullins.

François-Noël Buffet, sénateur-maire d’Oullins.

Au total, l’effectif du conseil communautaire serait passé de 162 à 164 élus. Tout le monde aurait été gagnant. Tout le monde, sauf François-Noël Buffet, maire UMP d’Oullins, une commune dont la démographie connaît une lente érosion depuis quarante ans dans une agglomération pourtant fort dynamique.

Cependant, légalement, le conseil communautaire est en droit de proposer une modification de cette répartition normale en créant un siège supplémentaire. Ce tour de passe-passe était-il un arrangement de Gérard Collomb, complaisant envers son assez puissant voisin ? Ou juste une recommandation du préfet ? Toujours est-il que tous les conseils municipaux étaient appelés à délibérer pour entériner la dérogation.

Comme ses 57 voisins, le conseil municipal de Couzon, réuni le 15 juillet dernier, était donc placé devant ce choix : accepter cette décision ou la rejeter. Le maire Patrick Véron ayant laissé entendre dans un premier temps qu’il s’agissait bien d’un arrangement entre amis, Philippe Muyard s’en est ému, par la voix de Benjamin Durand:

« Cette nouvelle répartition concerne quatre communes: trois qui peuvent légitimement réclamer un poste de conseiller supplémentaire et une, qui conserverait un poste qu’elle a en fait perdu démographiquement dans le mode de calcul.

Nous savons tous ce soir, que cette demande résulte de petits arrangements entre le président du Grand Lyon et le Maire de cette commune. Une sorte de donnant-donnant politique, dont nous ne connaissons même pas les termes, pour mettre de l’huile dans les rouages du Grand Lyon entre majorité et opposition. Bref, un arrangement d’alcôve qu’on veut blanchir en demandant aux petits élus que nous sommes de bien vouloir valider ce petit, tout petit arrangement avec le système.

En tant que citoyen, j’ai toujours pesté devant mon journal ou ma télévision devant ces états de fait qui font la décadence de notre système politique. J’emploie à dessein de grands mots afin de dire que tout cela commence à notre niveau. Nous avons le choix de refuser ces arrangements, c’est notre droit de conseiller municipal de Couzon-au-Mont-d’Or et même notre devoir de représentant des citoyens qui chaque jour pestent eux aussi devant le manque de courage et la petitesse de leurs élus.

Si nous acceptons cette petite délibération insignifiante, nous renonçons à notre volonté de faire changer les choses à notre humble niveau. Et ce sera, pour moi, le premier échec cuisant et douloureux de notre mandature.»

Au final, la majorité du conseil municipal a entériné la dérogation.

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* (réunion des conseillers municipaux à huis clos)

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A propos de l'auteur de cet article

Nicolas Gauthy
est l'auteur de 56 articles sur VivreCouzon.org

Nicolas est l'un des membres fondateurs de Vivre Couzon dont il est actuellement Président. Il est également l'un des piliers du comité de rédaction de VivreCouzon.org