Découvrez Couzon en 1760

Un atlas du XVIIIe siècle faisant figurer Couzon et en partie Saint-Romain.

Couzon a le privilège d’avoir été intégralement cartographiée au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le bel atlas contenant ce travail et dont la datation approximative remonte à 1760 environ permet d’avoir une vision de notre commune sous l’Ancien Régime, quelques dizaines d’années seulement avant la Révolution Française.

Ce volumineux document conservé aux archives départementales débute par un plan d’assemblage. Celui-ci permet de visualiser l’ensemble de la commune sur une seule et même page. Sur les pages suivantes se succèdent des plans détaillés des différentes sections communales… La totalité de la commune de Couzon y est ainsi représentée, avec en supplément quelques parties seulement de Saint-Romain (les bords de Saône, le centre bourg, le domaine de la Fréta…).

Les plans de l’Atlas sont délicatement dessinés en couleur, d’une propreté ainsi que d’une précision très fine.

Le bourg de Couzon et son château

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Le château de Couzon et son bourg en 1760 (cliquez pour agrandir).

En 1760, Couzon apparaît alors comme un gros bourg développé autour de son château médiéval ainsi que le long des voies de communication qui y parviennent (les actuelles rue Philibert-Gaillard, rue de l’Écoran et rue Rochon). Emplacement judicieux pour ce château, situé en léger promontoire à l’écart des caprices de la Saône, dont les berges apparaissent sur les plans comme encore relativement sauvages et peu aménagées.

Les quais que nous connaissons aujourd’hui sont alors absents et l’on remarque la présence d’une île (aujourd’hui rattachée à la terre ferme) et des terrains nus probablement marécageux, sous l’influence directe des fréquentes crues de la rivière.

Cet atlas nous fait également découvrir la morphologie de Couzon avant que le village ne soit littéralement tranché par la voie ferrée au siècle suivant. On remarque aussi un  relatif enchevêtrement de ruelles, de petites cours typiques, de passages privatifs desservant des fonds de parcelles, autant d’éléments pittoresques aujourd’hui encore partiellement visibles qui donnent un certain cachet au village.

Des champs, des vignes, la montagne et des carrières

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Les paroisses de Couzon et Saint-Romain en 1760 (cliquez pour agrandir).

Au delà des espaces bâtis du centre village, l’utilisation des parcelles se repartit en trois grandes catégories :

  • les bois, essentiellement sur les hauteurs de la commune,
  • les carrières, situées dans les trois principales combes (Torelles, Vinouve et Moletant) mais aussi en descendant le long de la rue Rochon. Les fronts de taille y sont figurés par des traits sombres et prononcés à l’aquarelle. Toutefois, l’auteur semble avoir eu quelques difficultés à rendre compte au dessin du relief complexe de la commune.
  • des espaces agricoles : vignes sur une grande partie du territoire (y compris à proximité immédiate des carrières), chènevières (culture du chanvre pour le tissage), jardins proches des maisons et verchères (cultures vivrières).

Des plans aux multiples détails

Ces plans nous présentent une multitude de détails remarquables qui sont le reflet de la vie quotidienne du village :

  • la présence de la croix du Tignot, clairement représentée, lieu de dévotion et limite administrative entre Couzon et Saint Romain ;
  • une autre borne séparative entre Couzon et Albigny ;
  • l’ancienne source de la Fontaine de Couzon qui s’écoulait dans la rue principale ;
  • la place du Plâtre, lieu d’exécution des sentences ;
  • l’ancien four de la Pérouse, etc.

Un château aux multiples occupants

A cette époque, la vocation militaire du château semble reléguée au second plan, ses locaux sont en effet divisés et habités par de nombreux occupants.

Parmi ces derniers, on remarque même un maigre espace occupé par une curieuse « Confrérie et Aumône de Couzon ». Sous l’ancien régime, une confrérie était une communauté destinée à favoriser une entraide fraternelle ou à perpétuer une tradition civile ou religieuse. En somme, la plus ancienne de nos associations couzonnaises ! Malheureusement, nous ne disposons pas davantage d’informations à ce sujet.

Nous reproduisons ici deux extraits de cet atlas avec l’aimable autorisation des archives départementales du Rhône : le plan d’assemblage général de la commune et la section de détail du château.

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Luc est un passionné du patrimoine des Monts d'Or ou plus exactement du Mont d'Or. Il vient régulièrement partager cette passion avec les lecteurs de VivreCouzon.org. Vous pouvez également retrouver son livre "Mont d'Or Lyonnais, petit et grand patrimoine"