La Maison Saint-Raphaël d’hier à aujourd’hui

Cela fait maintenant plus de 240 ans que cette imposante demeure du bord de Saône, situé entre le quai Jean Moulin et la rue de la République fait partie intégrante du décor et de la vie de Couzon.

Faisons donc un petit retour dans le temps pour découvrir l’histoire de ce lieu. Nous irons ensuite à la rencontre d’Amandine Bonassieux qui a en charge de la vie sociale et l’animation de l’EHPAD et auprès de ses résidents pour mieux connaître cette maison de retraite qui occupe aujourd’hui ce magnifique lieu au sein d’un parc de 6000 m².

La Maison Saint-Raphaël a été édifiée en 1775 sur l’ancien port de Couzon sur un terrain communal. Le chapitre de Lyon, seigneur de Couzon, a permis à Monsieur Chevrillon ancien notaire et commissaire en droits seigneuriaux de disposer de ce terrain, pour services rendus. Monsieur Chevrillon avez en effet, réalisé pour  le chapitre de Lyon plusieurs terriers dont un sur Couzon en 1758. Le terrier était un registre contenant la description des terres dépendant d’un seigneur.

Cette occupation du terrain a été plutôt mal vécue par les Couzonnais, et pendant la révolution française la population a contesté, le droit à Monsieur Chevrillon de disposer de ce terrain.

Cela commença au cours de la nuit du 15 et 16 août 1790 où des citoyens sont allés jusqu’à démonter une partie du mur d’enceinte de ce terrain. Un procès-verbal fut dressé par la municipalité, sans rechercher vraiment les auteurs de ces faits.

Un nouvel épisode s’ajouta dans cette usurpation de propriété le 3 juin 1791 dans ce qu’on peut qualifier d’affaire  Chevrillon.

La colère des Couzonnais grandissant, le procureur de la commune demande alors une convocation extraordinaire du conseil général de la commune. Les habitants demandant que  leur soit restitué ce terrain dans le même état avant la construction de cette demeure.

Le conseil général de la commune décidera de transiger en demandant à Monsieur Chevrillon de démolir uniquement le mur clôturant le jardin.

A cette demande, Monsieur Chevrillon n’accepta de ne détruire que la moitié de ce mur.

Les habitants ne se satisfaisaient pas de cette réponse et ont annoncés qu’ils allaient eux-mêmes détruire ce mur. Le conseil général de la commune réussi tout de même à calmer les esprits de l’ensemble de la population.

Cependant deux hommes, malgré tout, commencèrent à détruire ce mur à coup de pioche, en prétextant que Monsieur Chevrillon avait consenti de détruire la moitié de ce mur.

Le conseil général de la commune arrêta net cette démolition, mais dans la soirée le relais de cette destruction avait été prise par des enfants, qui prirent la fuite en voyant arriver le maire qui en fut informé.

La décision de requérir à la force armée pour protéger ce mur pendant la nuit fut prise.

Le lendemain Monsieur Chevrillon se rendant à l’évidence qu’il ne pouvait plus résister accepta, de le faire détruire et à se désister de tous ses droits sur ce terrain.
Cette résistance laissa des traces, et le conseil municipal de Couzon n’hésita, pas en 1793, lors du soulèvement de la ville de Lyon contre la convention, à séquestrer la maison Chevrillon pour y caserner 150 hommes de la garde nationale.

Pendant la répression de la Convention à la fin de ce soulèvement, cette demeure, servie en 1794 de maison d’arrêt.

Monsieur Chevrillon pu récupérer ce bien en août 1795.
En 1820, la famille Dumont-Thomasset achèta la propriété et décida en 1828 de la partager en deux lots, en se gardant la partie sud de la maison.
Mathieu Thomasset qui était notaire est administrateur des hospices civils, a vendu en 1875 au curé de Couzon, l’abbé Neyrat, ce même lot.

C’est à cette date que cette maison a été transformée en hospice et en pension pour dames âgées. Elle fut appelée Saint-Raphaël.

Le curé Neyrat confia la direction de ce nouvel établissement à la congrégation des Sœurs de Saint-Charles qui chargea deux Soeurs de gérer cette œuvre.

En  1893 à la mort de l’abbé Neyrat, la maison fut cédée à la congrégation.

Les Sœurs ont par la suite créés l’association Centre Charles Demia, qui racheta par la suite la partie nord de cette demeure et décide d’une restructuration des bâtiments, d’une modification des locaux et de la médicalisation de l’établissement.
En janvier 1988, les dernières religieuses qui s’occupaient des lieux devenant trop âgées ont laissées la place à une équipe laïque de l’association Charles-Démia.
Depuis le 1er janvier 2002, La Pierre Angulaire, faisant partie du mouvement Habitat et Humanisme en a repris la gestion.

Cette Maison Saint-Raphaël aujourd’hui dirigée par Alexandra Heim, et emploie 50 personnes environ.

La Pierre Angulaire est un réseau constitué de 45 EPHAD qui accueillent des personnes âgées à faibles ressources.

Son action s’appuie sur trois caractères fondateurs :
• l’activité à but non lucratif.

• L’attention à la grande fragilité, à l’égard de personnes conjuguant les handicaps de la dépendance socialet de la perte d’autonomie.

• Une approche innovante quant aux alternatives à l’hospitalisation.

La philosophie de la maison Saint-Raphaël, initiées par les religieuses à toujours eu des liens avec les Couzonnais. Par le passé ces Sœurs, notamment, accueillaient régulièrement les enfants de l’école, et pour certains qui le désiraient leurs enseignaient le catéchisme.

Aujourd’hui, ces liens existent toujours et tendent même vers un nouvel élan, sous l’impulsion de sa nouvelle animatrice Amandine Bonnassieux que nous avons rencontrée.

70 résidents et Couzonnais de cet EPHAD, majoritairement des femmes, bénéficient du travail de cette jeune et dynamique animatrice qui aime à nous rappeler tous les liens qui existent déjà par des rencontres, des animations.
• Une fois par mois la crèche de Couzon se déplace à la maison Saint Raphaël pour des ateliers. En février c’était un atelier chant, un atelier peinture en mars.

• Le périscolaire, tous les mardis soirs de 16h30 à 18h15 quand il fait beau vont aussi à la rencontre des résidents, pour partager un moment convivial autour du jardinage.

• L’œuvre de Saint-Léonard, vient deux fois par mois pour rencontrer ses résidents pour jouer à des jeux de société.

D’autres projets de partage et de renforcement de liens, sont en projet notamment avec le CCAS de Couzon, l’école de musique, Couzon jardine avec ses habitants jardiniers.

Une très belle association créée par l’ancien maire Jean Raphanel va être même relancée dont le nom résume l’état d’esprit de celle-ci « Les amis de Sain Raphaël ».
Cet EHPAD qui travaille chaque jour à renforcer ses différents liens, est un très bel exemple d’ouverture et un véritable lieu d’échanges intergénérationelles avec l’ensemble des Couzonnais.
Un joli pied de nez quand à l’histoire mouvementée de son intégration lors de sa construction au sein du village…

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A propos de l'auteur de cet article

est l'auteur de 16 articles sur VivreCouzon.org

Il est membre de Vivre Couzon. Il participe largement dans les colonnes de VivreCouzon.org, au partage de ses intérêts pour le village et ses alentours. Pour lire tous les articles de Fabrice, cliquez ici.