Le Mont Thou perd la boule !

Le Mont Thou perd-il vraiment la boule ?

Le Mont Thou tel que nous ne verrons plus

Le Mont Thou tel que nous ne verrons plus

Nous assistons depuis quelques jours au démantèlement du radôme que l’on appelle plus communément la boule du Mont Thou. L’un des symboles visuels du Mont d’Or est en train de disparaître de notre paysage.

Cet élément de notre défense nationale est tellement ancré dans notre radar visuel et mémoriel, qu’il est devenu une identité de notre petit massif calcaire du Mont d’Or, repérable de loin…

Stupéfaction, étonnement frappent certains d’entre nous en découvrant ce démantèlement.
Une certaine nostalgie s’empare aussi de nous…

Et oui, enfant, cette boule nous a fait fantasmer !
Même si, approchant un peu de près, on y découvrait une zone militaire, avec de hauts grillages, barbelés, panneaux zone militaire, défense de photographier.

Mais que se cache-t-il derrière cette boule ?
Des missiles, un radar… Chut ! « Secret-défense ».

Revenons donc sur notre boule terrienne, pour un peu d’histoire sur cette boule du Mont Thou…

Cérémonie au Mont Thou

Cérémonie au Mont Thou

C’est en 1969 que l’armée de l’Air a édifié, dans un premier temps, sur le toit d’un bâtiment d’architecture carrée, un radar « palmier » d’une portée de 450 km et jusqu’à 100 000 pieds d’attitude. Il a constitué le premier radar volumétrique de grande portée, protégé contre le brouillage : 100 m² de surface, 15 tonnes, six tours / minute, telles sont les caractéristiques de ce radar tridimensionnel qui permet de connaître l’altitude, la distance et l’angle d’un avion.

Dans un deuxième temps, en 1972, afin de protéger ce radar, et de pouvoir l’utiliser lors de fortes rafales de vent, les autorités ont décidé de le couvrir par un dôme.

En 1979 un deuxième émetteur, nommé Ares est ajouté, qui permet au radar une plus grande précision et une plus grande résistance aux tentatives de brouillage.

En avril 2012, des problèmes techniques n’ont plus permis de le faire fonctionner. Cependant jusqu’au 11 novembre 2014, des permanents mécaniciens ont néanmoins monté leur permanence.

Le 22 janvier 2015, après 44 ans où des générations de permanents mécaniciens ont veillé jour et nuit sur ce radar, le site de permanence du Mont Thou, par une cérémonie organisée en cet honneur, a quitté les lieux.

Mais quelles étaient donc les missions de ce radar ?

Conjointement avec l’autre radar situé en face, sur le mont Verdun, il est géré, dans une véritable petite ville souterraine, par une sorte de police du ciel de l’armée de l’air de la base aérienne 942.

Ils retranscrivent, sur des écrans de contrôle, chaque avion par un petit point coloré sur un fond noir. En cliquant dessus on sait d’où il vient, où il va et par quelle compagnie il est exploité… La mission des militaires en charge de cette surveillance est de s’assurer que chaque avion militaire ou civil qui traverse la France est identifié.

En cas de non reconnaissance, le contrôleur aérien doit envoyer un Rafale ou un Mirage en reconnaissance vers celui-ci en moins de 15 minutes.

Autre mission de ces radars, ils sont aussi utilisés par le centre de coordination et de sauvetage en cas de crash d’un avion sur la zone Sud-Est, qui s’étend de Dijon à la Corse.

En cours de Démantèlement

En cours de démantèlement

Un nouveau radôme pour le Mont Thou.

Que l’on se rassure, une nouvelle boule plus petite va s’installer pour protéger le fleuron des radars de nouvelle génération : le GM406, qui permettra le développement de la base aérienne 942, qui depuis trois ans a repris aussi les missions de la base de Taverny en conduisant les opérations aériennes à l’extérieur de la France. Elle abrite maintenant le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes de l’armée de l’air et de tout son état-major.

La base aérienne 942 qui porte le nom « du capitaine Jean Robert » est devenu le maillon principal de la défense aérienne de toute la France.

Le Mont Thou ne va donc pas perdre la boule !!! 😉

Crédits photos : S. Grignon – Armée de l’Air, Fabrice Vaulpré, Pierre Deleuze

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Il est membre de Vivre Couzon. Il participe largement dans les colonnes de VivreCouzon.org, au partage de ses intérêts pour le village et ses alentours. Pour lire tous les articles de Fabrice, cliquez ici.