lundi 18 août 2014

Billet d'humeur -

Le Père Marcel et la passerelle de Couzon


Vivre Couzon : Alors, Père Marcel ? Pas encore en vacances ?

Père Marcel : Pour quoi faire ? Pour aller aux champignons ou ramasser des escargots entre deux averses ! Et puis moi, j’attends que tout le monde soit rentré.

Vivre Couzon : Vous m’avez appelé ! Qu’est ce qui se passe ?

Père Marcel : T’as vu le pont petit gars ?

Vivre Couzon : Oui, Il paraît qu’ils ont refait le revêtement ! C’est super !

 

Travaux du pont de couzon

travaux du pont de couzon

Père Marcel : Ah non Ils n’ont pas refait le revêtement, ils ont mis des rustines. C’est n’importe quoi. Dans deux mois, il va falloir recommencer ailleurs.

Vivre Couzon : Je vois que vous êtes pas content, mais pas content du tout ! ! !

Père Marcel : Y’a de quoi pas être content ! On nous annonce 3 jours de fermeture pour travaux et en une journée, l’affaire est torchée, on range le matériel et on se casse. Franchement on se fout de notre gueule. Ils ont même pas été capables, pendant qu’ils y étaient, de repeindre la bande jaune réservée aux piétons.

Vivre Couzon : C’est vrai que cela n’aurait pas été du luxe.

Père Marcel : Oh non, ce n’est pas du luxe, c’est de l’indispensable. Par contre, il y a trois mois, on a mis une personne, une journée, à construire un terre-plein du côté Rochetaillée, un truc qui à du coûter un bon billet de mille euros. Je l’ai vu quand ils l’ont fait, j’étais mort de rire. Le pauvre gars qui travaillait dessus n’était pas plus convaincu que moi du bien-fondé de son boulot.

Vivre Couzon : Il devait bien y avoir une raison.

Père Marcel : Ah ouais, tu peux aller le voir, ils ont mis une petite barrière en bois qui est toujours renversé. Quant au talus, évidemment comme prévu, tout le monde passe dessus, vélos et piétons. Ce qui fait que l’on a une motte de terre dégueulasse où pousse tout et n’importe quoi ! Je te répète mais entre la terre apportée et le travail du gars, c’est largement un gros billet qui est passé dans la plaisanterie. On aurait pu le mettre ailleurs

Vivre Couzon : C’est peut être pas les mêmes services ?

Père Marcel : Remarque, c’est possible parce que les rustines, j’appelle ça des rustines, moi, on en n’a pas mis du côté Rochetaillée. Pourtant, de ce côté-là aussi, les plaques commencent à être usées.

Vivre Couzon : Peut être qu’ils ne veulent pas mettre beaucoup d’argent dans notre passerelle pour la rénover complètement dans quelques temps !

Père Marcel : Franchement, t’y crois toi ? Regarde-moi dans les yeux et réponds-moi.

Vivre Couzon : ? ? ? ?

Père Marcel : Merci de ta réponse. Vu mon âge, cela m’étonnerait que je le voie, et chaque fois que j’irai à Rochetaillée, je continuerai à me faire raser les fesses ! ! ! Faut que je m’y fasse ! ! !

Vivre Couzon : Vous la défendez cette passerelle Père Marcel ?

Père Marcel : Je vais te dire une chose petit gars. Je suis peut être passé plus de fois dessous cette passerelle que toi dessus.

Vivre Couzon : Ah bon ! ! !

Père Marcel : Je t’expliquerai cela une autre fois. Cela fera une occasion de se revoir.

Vivre Couzon : D’accord, pas de problème ! ! !

Pont de Couzon-au-Mont-d'Or détruitPère Marcel : Avant de partir, je vais te raconter un truc sur la passerelle. A la fin de la guerre, elle a été détruite.

Vivre Couzon : Comme beaucoup de ponts sur la Saône jusqu’à Lyon.

Père Marcel : Alors pour traverser on avait mis un place une grosse barque avec un passeur. . . Et le passeur, c’était mon père ! ! !

Vivre Couzon : C’est pas vrai.

Père Marcel : Et oui petit gars ! ! ! Je peux te dire, par temps de crues, cela devait être carnaval !

Vivre Couzon : Bonjour les bras à la rame.

Père Marcel : Pas tant que ça ! Ils avaient mis un système au point. Ils avaient tendu un long câble d’une rive à l’autre. A ce câble, ils attachaient la barque avec un filin. Il suffisait alors à mettre le bateau légèrement en biais et c’était le courant de la Saône qui poussait sur le bateau et le faisait traverser.

Vivre Couzon : Pas bête de se servir de l’eau comme moyen de traction.

Père Marcel : Les gens avaient moins l’obligation de traverser d’une rive à l’autre, mais malgré tout, le Train Bleu passait à Rochetaillée, et Couzon était beaucoup moins desservi par les transports en commun de l’époque. D’où quand même l’obligation de traverser la Saône.

Vivre Couzon : Bon, Père Marcel, c’est pas tout mais je dois aller à Fleurieu et je dois prendre notre chère passerelle.

Père Marcel : Fais gaffe aux piétons et aux vélos.

Vivre Couzon : Promis Père Marcel et à bientôt

Père Marcel : Salut Petit gars ! ! !

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Lire aussi le reportage photos de Maître Sibor sur le site de l’Acel...

 

A propos de l'auteur de cet article

Le Père Marcel

Le Père Marcel est un personnage ! Il est l'éternel bougon de Couzon qui se laisse parfois emporter par ses grosses colères. En tout cas il ne mâche pas ses mots !