Le plan local d’urbanisme (3/4) : comment construire à Couzon ?

Pour ce troisième volet de notre série sur le plan local d’urbanisme, Bertrand Michal, architecte, fait pour nous l’inventaire de ce qui pourra changer dans le village pour les décennies à venir.

La commune de Couzon se singularise par un rythme annuel de construction parmi les plus bas du Val de Saône depuis plusieurs années, contraint notamment par sa situation géographique :

  • Prégnance d’un environnement à risques : inondation, glissements de terrain, éboulements.
  • Bordée par un espace naturel remarquable et le relief à l’ouest, la Saône à l’Est.
  • Présence d’une Zone d’activités dynamique au nord entre Saône et falaise.

Peu de place pour construire

Le PLU actuel propose 3 zones constructibles principales pour l’habitat :

  • UA pour le centre historique du village et le Port, tissu dense en bande continue.
  • UD pour ses prolongements immédiats en contrebas de la voie ferrée, peu dense du fait de grandes propriétés mais également siège de quelques collectifs (petit secteur UC avec plus de densité autour de la poste).
  • UE pour l’extension pavillonnaire au-dessus de la voie ferrée pour des parcelles de 1.500m² en moyenne.

Une 4e zone en grande partie bâtie mais devenue inconstructible :

  • URP constituant la zone inondable renforcée par le PPRNI (plan de prévention des risques naturels d’inondation) zone rouge ainsi qu’une bande en haut de la montagne sujette aux glissements de terrain.

Enfin, deux zones constituent des réserves d’urbanisation sous conditions :

  • AUV en grande partie construite avec un tissu lâche, dans la pente du Tignot en limite avec Saint-Romain, mais constructible avec un minimum de 1ha incitant au regroupement des parcelles pour un traitement d’ensemble.
  • AU2 ne comportant pour l’instant que 3 habitations aux Paupières avec 3 ha libres ; en attente de voiries et équipements pour son aménagement.

PLU centre village PLU-centre-village

La plupart de ces zones sont déjà saturées et très peu de terrains sont encore disponibles, hormis :

  • L’extrémité ouest de UA rue Rochon–rue Villeneuve avec un projet en cours mais qui aurait dû porter sur l’ensemble de l’îlot (1 sur le plan).
  • Quelques parcelles encore disponibles ou divisions possibles dans les zones UD, UE et AUV.

Par ailleurs des rehausses ou extensions de bâtis sont toujours possibles sur plusieurs parcelles dans toutes les zones dont UA.

La fin du coefficient d’occupation des sols

Qu’attendre du PLU-H révisé dans ce contexte ?

L’abandon du COS (coefficient d’occupation du sol) avec la loi Alur en mars 2014 a déjà eu pour effet la densification de toutes les zones du PLU faisant suite à la conversion de la SHON en «surface de plancher».

Dans l’absolu, il n’y a plus de pourcentage limite de surface construite par rapport à la surface du terrain. La surface constructible est maintenant une résultante de l’emprise au sol, la hauteur et les prospects autorisés. Ces paramètres sont susceptibles d’offrir de nouvelles possibilités suivant la zone.

1. Augmenter les hauteurs et le nombre de niveaux autorisés:

  • Difficile dans la zone UA (10-12m, soit R+2 actuel) car support d’un bâti ancien significatif,
  • Non souhaitable dans la zone UC déjà plus haut que le tissu ancien avoisinant (18m pour R+4 autorisé et R+3 réalisé),
  • Possible dans la zone UD limitée pour l’instant entre 9m (R+1) et 12m (R+2) suivant le secteur, ce qui resterait cohérent avec la position par rapport au centre-village et au gabarit des anciennes constructions,
  • Délicat dans les zones pavillonnaires limitées à 9m pour une harmonie d’ensemble et une bonne intégration dans le site.

2. Augmenter le Coefficient d’Emprise au Sol (CES)

  • Déjà à 100% en UA dans la bande principale et peu souhaitable en 2e plan
  • Déjà à 40% en UC et suffisamment dense sur les parcelles bâties de collectifs (acacias et tilleuls)
  • Possible dans la zone UD pour l’instant à 40% pour favoriser les divisions de parcelles
  • Peu souhaitable en UE limité à 15% (Tignot) ou 20% (autres secteurs) mais sous réserve de maintenir un fort pourcentage d’espaces verts pour l’intégration dans le site et éviter de sur-densifier hors village.

3. Favoriser l’habitat groupé en augmentant la constructibilité en limite de propriété sans gabarit de hauteur pour les zones UD et UE.

4. Redéfinir plus précisément les contours en URP après sondages de sols (Montagne).

5. Faire évoluer les limites de zones :

  • pompiermairie

    La caserne des pompiers, un emplacement pour une nouvelle mairie ?

    Aucune extension au détriment des zones naturelles sur les hauts de Couzon n’est souhaitable, même si une dizaine de constructions y ont été édifiées par le passé.

  • Le déplacement annoncé de la caserne des pompiers va libérer un terrain pour l’instant limité à un étage qui pourrait être rattaché ainsi que la parcelle attenante à deux étages ou mieux faire partie d’une zone intermédiaire deux ou trois étages plus étendue au nord mais liée au centre village, (2 sur le plan)
  • Ouvrir la zone AU2 en prolongation du centre ancien (Villeneuve-Paupières) – (voir prochain article de cette série) (3 sur le plan)

Autres pistes à explorer et débattre sans à priori :

  • La salle des fêtes, le complexe sportif et la poste sont dans la zone UC à fort potentiel constructible. Une recomposition de l’ensemble permettrait de créer des logements, densifier et peut-être rendre plus performant l’usage des salles avec : (4 sur le plan)
    • Un rattachement à UA (limité à 12m et R+2) pour plus de cohérence avec le secteur ancien au lieu d’UC.
    • Une construction en alignement des voies avec des commerces ou (et) des salles communales à retrouver, bureau de poste au rez-de-chaussée.
    • Le réaménagement de la cour avec salle de spectacles, salles sportives… et grande esplanade. Quelques places de stationnement peuvent être retrouvées.
  • Rendre constructible une partie de la bande étroite entre le quai et la rue de la République en aval de Saint-Raphaël (actuellement en zone naturelle non inondable) semble peu envisageable mais mériterait d’être étudié avec peut-être la création d’une voie pénétrante permettant de repenser les sens de circulation au carrefour République-P. Dupont, la circulation sur le quai. Cela permettrait aussi d’éviter le feu de la passerelle par l’intérieur (5 sur le plan).
  • Déclasser une partie de la zone d’activité nord (UI) en habitat aurait par contre peu de sens. Ce quartier est isolé et trop loin du centre pour favoriser les déplacements doux. C’est aussi contraire aux objectifs du SCOT en matière d’activités.

 

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A propos de l'auteur de cet article

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Bertrand est l'un des membres fondateurs de l'association Vivre Couzon dont il est actuellement trésorier-adjoint. Il est en outre membre du Comité de Rédaction de VivreCouzon.org.