Le plan local d’urbanisme (4/4) : proposons un éco-quartier à Couzon

Il reste peu de zones constructibles à Couzon. On parle depuis longtemps des terrains situés entre les rues Jarnieux et de l’Écoran. Vivre Couzon propose d’y installer un véritable éco-quartier, écologique, agréable à vivre et accessible à tous. C’est possible, l’architecte-Urbaniste Bertrand Michal nous explique comment.

Du centre historique très dense, de part et d’autre de la voie ferrée, s’est étalé un habitat essentiellement pavillonnaire dans un maillage plutôt lâche. Au-delà de l’emprise conséquente sur l’espace naturel,  cet étalement induit le recours à la voiture pour les déplacements, y compris vers le centre-village et ses activités.

Nous l’avons vu précédemment, les dernières politiques d’urbanisme tentent de prendre le contrepied en imposant la densification, la proximité des centres et des moyens de transport collectif pour le développement de l’habitat.

En dehors de quelques parcelles susceptibles d’être densifiées dans le village, une rare opportunité  existe avec la zone AU2 des Paupières pour son extension. Il s’agit d’une réserve d’urbanisation de 3 hectares en attente d’une meilleure accessibilité de voirie, mais aussi de la capacité des équipements publics à recevoir de 250 à 300 habitants supplémentaires.

Ce secteur pourrait s’inscrire à son échelle dans une politique d’aménagement porteuse des principes de développement durable et promotrice de nouveaux modes de vie.

C’est cette approche d’un éco-quartier que nous proposons modestement d’esquisser pour orienter la commune de Couzon dans une démarche écoresponsable en mettant l’accent sur une piétonisation renforcée des déplacements dans le village.

Le PLU actuel conditionne l’aménagement de la zone des Paupières à une sortie sur la rue Rochon au Nord. Ceci nous semble un mauvais choix : traversée d’une zone naturelle, étranglement de la rue en arrivant dans le village. La desserte par la rue Jacques-Jarnieux puis Paupière vers Saint-Romain est préférable (avec quelques aménagements de sécurité) et facilement réalisable à condition de renforcer l’accès piéton au centre de Couzon.

AVERTISSEMENTS:

  • L’aménagement d’une telle zone est global et tous les terrains ont la même valeur, qu’ils soient appelés à recevoir de l’habitation, de la voirie ou des espaces verts. Cette valeur est par ailleurs largement renforcée par la qualité d’ensemble du projet.
  • Le plan ci-dessous n’est qu’un support de propositions et non un projet.

projet-paupieres

 

À quoi ressemblerait un éco-quartier

Il doit s’inscrire directement dans le tissu urbain et son organisation :

  • Le quartier se situerait dans le prolongement des rues du village et du front bâti (Ecoran).
  • Il ferait une transition progressive entre la forte densité du village et le pavillonnaire périphérique.
  • Il permettrait une relation piétonne privilégiée entre le bas et le haut du village.

Il offrirait un habitat diversifié :

  • Social, intermédiaire, primo-accédants : différents types de logements seraient proposés pour toutes les bourses.
  • Il permettrait de rester à Couzon à tous les moments de la vie en offrant différents types de logements : jeunes ménages, personnes vieillissantes, évolution des structures familiales
  • La taille, l’accessibilité, la densité seraient variées.
  • Pas de monotonie : les maisons de village succéderaient à des habitats groupés…

Il respecterait le milieu naturel  et de la biodiversité.

  • La zone naturelle au nord serait préservée.
  • Les risques naturels comme les glissements de terrain, les eaux souterraines seraient pris en compte.
  • Les constructions étagées dans la pente suivraient le relief naturel.
  • Les vues depuis la rue Jacques-Jarnieux (ouest) et du chemin de l’Ecoran (nord) seraient conservées.
  • Des aménagements paysagés privilégieraient les essences locales. Les espaces végétalisés seraient mis en valeur.
  • L’aménagement urbain utiliserait des matériaux naturels et locaux : bois, pierre de Couzon.
  • Les eaux seraient récupérées dans des noues et bassins de récupération qui pourraient être utilisées dans un jardin collectif.

Nous imaginons ce quartier comme un espace ouvert et non un nouveau lotissement fermé. Il offrirait des espaces de rencontre et de sociabilisation entre les habitants et tous les Couzonnais.

  • Les espaces seraient organisés en un maillage hiérarchisé et progressif entre l’espace public et la sphère privée. Des lieux semi-publics feraient la transition. Les clôtures basses conserveraient des perspectives dans le quartier tout en préservant de l’intimité.
  • Il offrirait des rues, des places, des espaces verts et jeux publics, des équipements de quartier.

Les piétons auraient une place privilégiée dans le quartier, et pour aller vers le reste du village.

  • Le chemin de l’Ecoran resterait piéton. Il ménagerait la transition vers la montagne.
  • Le chemin rural 49 serait mis en valeur, le chemin 50 serait prolongé vers l’école.
  • Un parking collectif paysagé serait aménagé à l’entrée sud du quartier.
  • Les piétons seraient prioritaires sur les voies internes.
  • Les voitures pourraient toujours s’avancer au pied des logements le temps de décharger les courses par exemple.

Le quartier proposerait un habitat bioclimatique et sain

  • En privilégiant l’orientation sud et la protection au nord, en dégageant les vues, on fait entrer la lumière en faisant des économies de chauffage.
  • Une attention particulière serait portée à la qualité de l’isolation et du chauffage. On peut même viser l’objectif de bâtiments passifs, c’est-à-dire qui n’ont quasiment plus besoin de chauffage.
  • Les matériaux naturels et sains comme le bois, la paille, la ouate de cellulose, le chanvre seront utilisés…
  • Les bâtiments auront recours aux énergies renouvelables.
  • Les eaux pluviales et grises seront récupérées et réutilisées.
  • Sur les parcelles, l’artificialisation des sols sera limitée afin de laisser l’eau s’infiltrer et la végétation se développer.

C’est aussi les habitants eux-mêmes que nous souhaitons impliquer dans leur quartier à travers de nouveaux modes de vie.

  • Certains logements pourront être gérés en habitat partagé. Ils pourront être auto construits ou proposer des chantiers participatifs.
  • Du matériel pourra être mis en commun : une buanderie, une chambre d’amis, un atelier, une salle de réunion, un jardin partagé, un compost collectif…
  • Le covoiturage pourra être encouragé, des véhicules mutualisés, une ligne pédibus mise en place.
  • Une coopérative d’habitants pourra définir son propre cahier des charges et proposer un accueil privilégié aux nouveaux arrivants.
  • Le télétravail par le développement du réseau et les activités de proximité pourront être favorisées.

C’est possible !

Tout cela n’est pas une utopie. La collectivité a les moyens légaux d’atteindre ces objectifs sur des terrains privés sans spolier leurs propriétaires, tout en les sensibilisant au bienfondé de la démarche pour la commune. On citera les principales actions envisageables :

  • En amont du PLU, une approche environnementale de l’urbanisme (AEU) – développée par l’Ademe pour réaliser une analyse fine du site dans toutes ses composantes
  • La commune peut choisir d’annexer au PLU une opération d’aménagement programmée (OAP) avec documents graphiques détaillés et règlement précisant les orientations à respecter par l’aménageur.
  • Un projet urbain partenarial (PUP) d’initiative privée avec une convention et le préfinancement des équipements publics prévus pourrait être rédigé
  • Une zone d’aménagement concertée (ZAC) pourrait être mise en place pour une gestion publique…

Quoiqu’il en soit, il serait fort dommage de laisser se développer un secteur aussi stratégique au gré d’aménageurs privés sans une étude d’urbanisme préalable sommes toutes financièrement modeste au regard des enjeux pour la commune.

 

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A propos de l'auteur de cet article

est l'auteur de 13 articles sur VivreCouzon.org

Bertrand est l'un des membres fondateurs de l'association Vivre Couzon dont il est actuellement trésorier-adjoint. Il est en outre membre du Comité de Rédaction de VivreCouzon.org.