Les deux plaques « Michelin » de 1929

Couzon peut s’enorgueillir de posséder deux curieuses plaques indicatrices du début du siècle dernier. Celles-ci sont positionnées à l’intersection de la rue de la République et de la rue Claudius-Moiroud. Un recensement effectué sur le territoire de la Métropole nous révèle que ces deux plaques murales Michelin, encore à leur emplacement d’origine au coeur du village, sont de rares vestiges des prémices de la signalisation routière.

André Michelin, précurseur de la route

On doit ce type de plaque à André Michelin qui fut un précurseur en terme de signalisation et de cartographie routière. André Michelin lance en effet la première carte routière grand public dans les années 1910. Michelin a travaillé au Service cartographique des armées, ce qui lui a permis de mesurer l’utilité d’un tel objet, alors pratiquement inconnu des civils à cette époque.

Le développement des plaques émaillées Michelin

Compléments utiles à ces premières cartes routières, Michelin va aussi jalonner les bords des routes de repères et d’indicateurs visuels. Dès les années 1910, des «plaques municipales Michelin» commencent à apparaître dans nombre d’agglomérations sur lesquelles sont indiqués les noms des localités, la désignation et le numéro des routes, les mentions de sécurité : « Veuillez ralentir » (à l’entrée de la commune) et « Merci » (en sortie de ville). En six ans, 30 000 plaques émaillées offertes gracieusement par le sponsor (souvent Michelin, mais aussi Touring-Club de France ou Dunlop) fleurissent dans les provinces.

Les deux plaques murales de Couzon

Les plaques murales couzonnaises sont un peu plus récentes : elles dateraient de 1929. On trouve ce type de plaques émaillées anciennes principalement dans les agglomérations, là où l’emploi d’une borne de signalisation n’était pas adaptée. Les premiers exemplaires sont apparus dans les années 1920. L’épaisseur du listel bleu varie en fonction des années de production : d’abord épais et recouvrant une grosse surface de la plaque, il s’affine avec les années.

La production des plaques murales par Michelin cesse après 1946. Cette même année paraît en effet une instruction générale sur la signalisation routière qui annule toutes les instructions antérieures. Homogénéité et cohérence sont désormais de rigueur. A partir de cette date, les dons et les mentions publicitaires ne sont plus autorisées par l’administration.

Décryptons ces plaques…

La dénomination des routes de l’époque était différente. Ainsi beaucoup de routes connues aujourd’hui sous le nom de « Départementales » était appelées « Chemins de Grande Communication ».

Sur les plaques couzonnaises :

  • GC désigne un chemin de « grande communication »
  • IC désigne un chemin d’ »intérêt commun« 

La datation

A de très rares exceptions près, tous les panneaux fabriqués par Michelin sont datés avec précision. En effet, une mention manuscrite sous la forme “jour mois année” est inscrite sur l’émail du panneau, généralement en bas, à droite ou à gauche. Sur certains panneaux (ceux destinés à être posés à un endroit précis) figure également en caractères manuscrits un code identifiant l’implantation. C’est le cas des panneaux couzonnais.

Ces plaques émaillées ont su défier le temps et affichent une santé rayonnante malgré leur 90 ans ! Elle contribuent ainsi à donner au centre bourg une atmosphère au charme suranné…

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A propos de l'auteur de cet article

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Luc est un passionné du patrimoine des Monts d'Or ou plus exactement du Mont d'Or. Il vient régulièrement partager cette passion avec les lecteurs de VivreCouzon.org. Vous pouvez également retrouver son livre "Mont d'Or Lyonnais, petit et grand patrimoine"