Les îles oubliées de Couzon

Couzon-au-Mont-d’Or aurait bien pu s’appeler Couzon-des-îles !

En effet, notre village où se cachent plein de petits secrets de patrimoine et de lieux insolites à découvrir, a hébergé, en son sein, quatre îles.

Au fil du temps, elles ont été rattachées à la petite plaine de notre village.

En prenant de la hauteur sur les différents belvédères qu’offre notre commune, nous pouvons encore distinguer leurs contours.

Mais regarder et imaginer avec l’aide de cette vue aérienne prise au début des années 1970, l’avenue Gabriel-Péri à partir du pont de Couzon, transformée en bras de Saône. Sur la droite de cette avenue se trouvent les trois principales îles.

À ce stade — sans mauvais jeu de mots car le stade de Couzon se trouve sur l’une de ces anciennes îles — vous vous demandez sûrement comment elles ont été rattachées à la petite plaine couzonnaise ?

Eh bien, c’est l’œuvre de nos valeureux carriers et tailleurs de pierre. 

Bien entendu, les pierres étaient taillées à la carrière mais aussi au bord de la Saône avant leur acheminement par cette voie navigable.

Ces déchets de pierres que l’on appelle chaple se sont accumulés au fil du temps dans les bras de Saône, qui furent donc comblés petit à petit et reliant donc par ce fait les îles aux anciennes berges de Couzon.

Ces îles appartenaient à différents propriétaires. Leurs terrains étaient composés de prés, de vignes, de rangées de saules dont les pousses annuelles étaient récoltées et transformées en osier. Ce qui permettait aux vignerons de Couzon de relier les sarments de leurs vignes.

Partons à la découverte de ces îles perdues !

La première île, sans nom connu, se trouvait sur le lieu dit des Auges, ou des Anges, au sud-est du village. Actuellement, le quai Jean-Moulin la traverse.

Elle fut la première à être rattachée au territoire de Couzon au cours du XVIIIe siècle.

La seconde : l’île de Couzon existait encore en 1828. Elle se situait par son extrémité sud à la confluence du ruisseau de la fontaine de Couzon et de la Saône. Actuellement, nous pourrions la localiser au nord du débouché de la rue Pierre-Dupont et de la place de la liberté, près du pont de Couzon, s’étirant jusqu’à sa pointe nord vers la rue Jean-Baptiste-Anjolvy près de la salle d’animation rurale. Ce lieu accueille maintenant le complexe sportif de Couzon-au-Mont-d’Or.

La troisième : cette île a la particularité d’avoir plusieurs noms qui nous décrivent parfaitement ce qu’étaient ces lieux.

Commençons par l’île Violet, en référence à l’un de ses propriétaires. 

On la surnommait aussi l’île des Brotteaux, comme le quartier de Lyon « les Brotteaux », signifiant en parler lyonnais une île de plaine alluviale où poussent les brots (arbustes sauvages).

Elle a été aussi nommée l’île des Chantiers.

Les chantiers signifiaient un champ au bord d’une rivière où l’on entreposait de la marchandise avant leur embarcation. En ce qui concerne Couzon, bien entendu, c’était de la pierre.

Elle se situait à l’est et en parallèle à la pointe nord de l’île de Couzon. Elle remontait près des grandes carrières de Moletant au nord du village.

Actuellement, nous pourrions la localiser du sud au nord entre le barrage et au niveau du chemin des traverses.

Un témoignage reste de ce lieu, le nom d’un lotissement : « l’île Violet ».

Terminons notre périple par la quatrième : l’île Isnard qui porte le nom d’une famille de magistrats lyonnais qui possédait notamment le domaine de la Côte et cette île au début du XIXe siècle. Cet ancien domaine héberge maintenant la maison Saint-Léonard.

Se trouvant en amont de l’île Violet, elle s’étendait depuis le chemin des traverses jusqu’au début du territoire d’Albigny sur Saône qui possède sa pointe nord où se trouvait un four à chaux.

Un projet sur ce site dit de « la loupe d’Albigny-Couzon », dans la continuité du programme des rives de Saône, a été abandonné par la Métropole. Un projet donc à plus long terme reste à imaginer sur cette ancienne île, qui fait face à un site exceptionnel, la plus longue carrière du Mont d’Or : la carrière de Moletant. 

Un espace qui pourrait être idéal pour réunir le bord de Saône et le Mont d’Or…

 

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A propos de l'auteur de cet article

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Il est membre de Vivre Couzon. Il participe largement dans les colonnes de VivreCouzon.org, au partage de ses intérêts pour le village et ses alentours. Pour lire tous les articles de Fabrice, cliquez ici.