Linky, Gazpar, … et si la solution passait par une gestion et distribution locale de l’énergie ?

Relancé par l’avis de la cours des comptes, les débats sur les compteurs communicants et le Linky en particulier opposent les pour et les contre… et si la réponse était ailleurs, vers les alternatives innovantes et réalisables puisqu’elles commencent à se mettre en place partout sur le globe… Un premier article à la suite de la publication de « Préparez-vous Linky Arrive » pour lancer la réflexion sur le potentiel énergétique au sein du territoire Val de Saône – Mont d’or…

C’est avec un bruit de casserole qu’Enedis tente d’assourdir, sans pour autant remettre en question  Linky. Il arrive à partir de mars dans notre secteur. Avec des opérations en temps masqué pour préparer les émetteurs et relais en attendant de relier vos équipements, le refus de votre part ne leur semble pas envisageable, ou tout du moins, ils le nient avec force…

Les autres auront la voie libre après le passage de ce rouleau compresseur, c’est donc le dernier moment pour se poser la question, refuser en connaissance de cause et proposer les réponses alternatives adéquates, humanistes et citoyennes, innovantes et réalisables… en commençant par décortiquer chaque aspect de ce compteur.

Des arguments pour le moins discutables

Les entêtes en italique bleue précédées de « → » sont issues du site d’Enedis, dans les différentes rubriques du « Compteur-communicant »

→ Pour moins consommer : j’ai accès à mes données de consommation électrique sur mon espace personnel. Je peux aussi adapter la puissance de mon compteur :

La première énergie économisée est celle qui n’est pas consommée… Mais pour se faire, il faut que chacun soit conscient, éveillé et responsabilisé sur la maîtrise de sa consommation ; et ce par volonté et non par force. Des services étatiques d’accompagnement / conseils sur l’énergie existent (ADEME / plateforme info-énergie (1)) qui pourraient être renforcés / relayés à une échelle plus locale et aller beaucoup plus loin dans cette démarche. Un consommateur averti en vaut bien deux non ?

D’autre part, le système heures pleines / heures creuses fonctionne depuis plus de 50 ans de façon efficace, le tarif appliqué est lié aux heures de consommation pour inviter (fortement…) les consommateurs à adapter leurs habitudes et lisser les consommations ; ceux qui n’en font cure payent plus… aucune nouveauté.

Cette mesure visera donc davantage à vous mettre à l’amende de façon systématique et à rebours (sauf à passer du temps à scruter votre compteur), qu’à vous expliquer réellement comment faire des économies d’énergie ET d’argent.

→ Pour simplifier mes démarches : Le relevé du compteur s’effectue à distance, sans rendez-vous et sans action de ma part.

L’avantage du passage d’un technicien consciencieux est qu’il peut dans le même temps vérifier / confirmer que votre installation est toujours aux normes et en bon état, voire proposer des évolutions en accord avec vos besoins. En votre absence, un petit mot avec le relevé du compteur, ou la transmission des index via internet est possible, les solutions existent déjà… et puisque vous êtes honnêtes, est-il vraiment nécessaire de déployer (et payer) un aussi gros système automatisé qui considère l’ensemble des consommateurs comme resquilleurs potentiels ?

Et si la confiance et l’humain étaient les maîtres mots du progrès et de l’innovation de demain?

→ Pour détecter les pannes : Le compteur permet une détection des pannes plus rapide, grâce à l’envoi d’un signal. Le diagnostic est facilité et l’intervention plus réactive.

Avec une gestion complètement décentralisée et une volonté de ne plus avoir d’équipes sur place pour l’entretien du réseau, il est évident que cet outil pourra simplifier les interventions curatives, là où un réseau de production-distribution local aurait à cœur que ses installations soient en bon état de façon permanente. Quant à la réactivité face aux pannes, des équipes qui connaissent leurs réseaux sont bien plus efficaces que des sociétés privées qui découvrent les problèmes en même temps que le réseau… et dont la rémunération compétitive (le moins cher possible donc), ne les invite pas spécialement à réaliser des actions pérennes…

→ Lors de mon déménagement : Des milliers d’emménagements ont été simplifiés avec une mise en service de l’électricité en moins de 24 h.

Là encore, la présence d’équipes en nombre suffisant sur des secteurs justifiés permettrait de réaliser sans délais exorbitants les raccordements et ouvertures de compteurs et contrats. Mais une fois de plus, ce n’est pas la tendance du distributeur, qui se sépare de ces équipes et fonctionne davantage en sous-traitance à la demande ; La précarité de l’humain assure l’économie financière de la distribution…

La bonne échelle ?

Le saviez-vous ?

La pose des compteurs communicants s’inscrit dans une ambition énergétique encadrée par la loi. Elle constitue une obligation légale d’intérêt général dont nous nous acquittons.

L’objectif ? Entretenir le réseau à grande échelle.

Et c’est cette notion d’échelle qui indique d’emblée que la réponse ne peut pas être pertinente…

L’ambition énergétique émane effectivement d’une directive européenne, remise sous forme de loi française qui impose au distributeur de réaliser des économies d’énergie. Utiliser cet argument pour forcer la mise en place de la solution qu’il veut mettre en œuvre et les perspectives de bénéfices qu’il voit apparaitre n’est pas acceptable. Les économies d’énergies ne se feront pas grâce aux compteurs, mais grâce à nous, consommateurs… C’est ce que dénonce également la cours des comptes (lire ici l’article du Monde).

Alors qu’on parle de plus en plus de responsabilisation autour de la question de l’énergie, n’attendons pas que les grandes entreprises nous apportent leurs solutions, elles seront forcément plus avantageuses pour elles que pour nous. Changer ses habitudes et voir se générer les économies d’énergie et financières est un jeu passionnant, et il est urgent de commencer sous peine de subir un système qu’on aura accepté par défaut…

D’autres territoires ont franchi le pas ou sont en transition alors pourquoi pas notre territoire Val de Saône – Mont d’or ? Nous avons déjà tout à notre portée :

– Des cours d’eau, et la Saône déjà équipé d’une centrale hydraulique,

– Des expositions solaires variées du matin au soir,

– De larges surfaces de bâtiments publics et privés qui pourraient produire de l’énergie…

– Des déchets verts et composts pour produire du biogaz…

– …

Il reste à nous organiser et solliciter nos municipalités pour engager de vraies démarches de transitions, c’est là qu’on prendra pleinement nos responsabilités de consommateurs et qu’on verra nos économies énergétiques ET financières…

Alors Monsieur Enedis, vous garderez bien votre compteur « poudre aux yeux »? On a mieux à faire par ici !

Et quelques liens pour aller plus loin

– Un recensement et accompagnement des territoires qui souhaitent entrer en transition http://www.territoires-energie-positive.fr/

– Des installations existantes mêlant citoyens et collectivités locales : http://www.centralesvillageoises.fr/web/guest/accueil;jsessionid=9C492ECBEA717B625D29921BB0ACB64F

– Des projets qui fleurissent : http://energie-partagee.org/

– Permettant une production en circuit-court : http://www.enercoop.fr/content/les-projets-de-production

– Un autre organisme d’accompagnement : http://www.hespul.org/decouvrir/accompagnement-technique-et-territorial/

Pourquoi agir aujourd’hui ? : https://negawatt.org/

(1) Plateforme info-énergie :

Pour les particuliers : http://www.infoenergie69-grandlyon.org/particuliers/

Pour les collectivités locales : http://renovation-info-service.gouv.fr/espace-collectivites-locales

Crédit photo : l’âge de faire , sudouest.fr

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