samedi 14 janvier 2017

Billet d'humeur -

Lorsque le Progrès, quotidien français, relate l’action sociale.


Comment transformer une bonne action en désastre de communication ?

Pour le savoir il faut lire l’édition du Progrès du jeudi 12 janvier.

Une famille couzonnaise qui survivait dans des conditions très difficiles dans le hangar d’un terrain privé a emménagé dans un appartement dont le CCAS est propriétaire. Ce sont les faits. Etait-il nécessaire d’en faire un article ? Je ne suis pas certaine même si l’on peut admettre qu’il n’est pas condamnable de vouloir mettre en avant l’action sociale.

Pourquoi relater avec tant de détails inopportuns le parcours et  la situation de cette famille ? Je ne comprends pas le but recherché, de la même manière que je ne saisis pas le sens la photo qui illustre l’article et que je trouve assez dérangeante, manquant de naturel et de spontanéité.

Patrick Veron qui avait jusqu’à présent suivi de près ce dossier a été soit mal inspiré, soit mal conseillé pour donner lui-même, soit le permettre, la communication d’éléments qui me semble relever de la confidentialité la plus élémentaire.

Les charges de base inhérentes à l’occupation d’un logement (énergie et assurance) sont prises en charge par le CCAS. Je n’ai aucune gêne à le rappeler puisque la presse a été convoquée pour mettre en avant ce qui s’apparente à une mise en scène au minimum maladroite. Et puis surtout, nous apprenons que la famille est roumaine, qu’elle devait se nourrir, se soigner avec l’aide de citoyens des environs, n’oublions pas également le lieu de naissance des deux petites filles et que c’est un véritable cadeau de Noël.

Que la famille soit polonaise, anglaise, soudanaise ou russe, on s’en fout !  Que va-t-il rester de ce détail ? Une stigmatisation déplacée. Le sujet des migrants et réfugiés est hautement sensible, il est toujours bon avec ce genre d’article d’entretenir le flou et la confusion.

Est-ce que l’on va, lors de la prochaine action d’importance du CCAS, avoir le droit à un autre article, à une autre photo, à d’autres détails comme par exemple la périodicité avec laquelle le citoyen aidé prend sa douche, se change ou même s’il met des vêtements froissés ou repassés ? Et si la prochaine bonne idée c’était une action municipale avec dégustation de spécialités culinaires de la nationalité de la personne soutenue ?  Ce qu’il est bon de rappeler c’est que le CCAS de Couzon, sous la vice-présidence de l’adjoint en charge de la politique sociale et solidaire Rodolphe Knezovics, aide toutes les personnes quelle que soit leur nationalité, leur religion, leur appartenance politique, et j’imagine même des personnes qui n’ont pas voté pour Mr le Maire, quelle audace.

Je suis profondément choquée par cette parution, il y a forcément des coupables et des responsables et si j’emploie volontairement une formule  forte, c’est qu’il y a quelque chose qui me semble avoir été oublié en plus de la confidentialité, c’est la décence.

Pour terminer, je tiens à dire qu’on ne peut pas se servir de n’importe quel événement pour se mettre en avant. Je ne félicite pas le Progrès, et les personnes qui ont permis que cet article existe, tout le monde ne peut pas avoir le même sens de la dignité.

 

A propos de l'auteur de cet article

Véronique est l'un des membres fondateurs de l'association Vivre Couzon. Elle est également élue au conseil municipal de Couzon, issue de la liste J'Aime Couzon. Elle est en outre membre du Comité de Rédaction de VivreCouzon.org.