Plan local d’urbanisme : à quelle sauce serons-nous mangés ?

La proposition de révision du PLU-H est sur la table. Vivre Couzon fait le point pour vous sur les changements qui nous sont proposés.

Nous sommes actuellement dans la phase d’enquête publique concernant le Plan local d’urbanisme et d’habitat de la Métropole. Le but : décider des grandes orientations de ce que va devenir notre territoire dans les décennies à venir. Nous en avions défini les enjeux il y a trois ans sur ce site : où se passera l’essentiel du développement économique ? Où faut-il plus de logements ? Quelles zones seront constructibles ? Quels territoires laisser à l’agriculture, à la nature…

Ce document de référence est une déclinaison d’un autre, le Scot, qui porte sur un territoire plus grand. Or, le Scot a changé pour limiter le bétonnage et construire plus intelligemment. 

L’enquête publique a pour but de proposer à chacun de s’exprimer sur les propositions qui sont faites, soit en mairie, soit ici par Internet. Encore faut-il pour cela être en mesure de décrypter le jargon administratif et technique du dossier. C’est ce que nous vous proposons ici. 

Bertrand Michal, architecte et urbaniste, a comparé pour nous les plans de zonage précédents et ceux qui sont proposés pour l’avenir. À Couzon, a priori, pas de révolution. Voici les points qui sont appelés à évoluer. Attention, il s’agit là de permettre des constructions et des projets. Le choix de construire ou non dépend bien sûr des propriétaires.

Le zonage du centre-bourg selon l’actuel PLU adopté en 2015.

1 – Le centre-bourg va se densifier 

Plusieurs zones de l’hyper-centre vont être ouvertes à des constructions plus denses, à commencer par un ensemble de parcelles comprenant la caserne des pompiers, le pavillon qui la jouxte, ainsi que l’ensemble qui accueillait autrefois les Myosotis (n°2 sur notre plan). La cour de cette résidence comprenait des Espaces Végétalisés à préserver ; Ils disparaissent dans cette version. 

Les constructions dans cette zone ne devraient cependant pas dépasser trois étages.

Les jardins potagers situés le long du chemin de la voie ferrée, à hauteur de la rue de l’Écoran (n°3), étaient déjà constructibles. Ils le seront encore, avec la possibilité de construire plus densément. 

Le plan définissant les zonages du centre-bourg selon le projet de révision soumis à enquête publique.

 

2 – La zone dite « Paupières »

Depuis longtemps, l’espace en friche situé le long de la rue Jarnieux (rayures vertes sur notre plan) est promis à urbanisation. La plupart des propriétaires sont déjà sur les starting-blocks pour vendre leurs parcelles. Un projet immobilier devrait voir le jour d’ici quelques années.

Là, la mairie et la Métropole ont eu recours à un tour de passe-passe pour éviter la concertation. La zone est classée simplement « à urbaniser » (comme déjà au PLU précédent) alors qu’un projet est déjà dans les tuyaux. Pourtant – et contrairement à ce que les élus prétendent –  celui-ci aurait pu faire l’objet d’une Orientation d’Aménagement et de Programmation (OAP) qui aurait été présente à l’enquête publique. Elle aurait permis de décider plus « collectivement » quel type de projet les Couzonnais souhaitent dans cette zone.

La mairie et la Métropole évitent ainsi d’afficher plus clairement leurs intentions et se donnent la possibilité d’opérer une modification du zonage qui sera plus souple et plus discrète. Or, c’est sur cette zone que Vivre Couzon avait formulé une proposition d’éco-quartier faisant la place notamment aux circulations douces. Mais circulez, il n’y a rien à voir, rien à discuter.

3 – La « Loupe nord »

Sur ce dossier non plus, rien n’est dit, alors que pendant la campagne des dernières municipales, l’association Trajectoire nous avait présenté un projet élitiste de marina sur la Saône et de « totem » marquant l’entrée de l’agglomération. Le maire avait ensuite déclaré en réunion publique que ce projet n’était plus d’actualité. L’idée d’une nouvelle « centralité » partagée avec Albigny, comprenant logements, commerces, entreprises et services publics a aussi été évoquée. En tout état de cause, l’eau pourra couler un bon bout de temps sous le pont de Couzon avant que les entreprises Primagaz et Michaud ne souhaitent déménager. Là encore le type de zonage n’a pas changé.

4 – L’entrée sud de Couzon-au-Mont-d’Or

Les urbanistes et les élus aiment bien soigner les « entrées de villes ». Le plan mentionne donc la possibilité d’un aménagement esthétique en lieu et place de la terrasse du Rive-Droite. 

Le projet de zonage soumis à enquête publique pour l’ensemble de la commune.

5 – De nouveaux équipements de loisirs (pastilles bleues sur le plan ci-dessus)

Dans la friche située au bout de la place de la République, le long de la nouvelle rue Charles-de-Gaulle, un « équipement pour les jeunes » est prévu. Skate park ? terrain de basket ? Jeux pour enfants ?

Un équipement sportif pourra aussi être construit sur la parcelle située dans le prolongement ouest du parking de la SAR, à l’emplacement des hangars en bois.

Enfin, il est question d’une aire de loisirs sur le site de l’ex-décharge de la combe Moletant, un site pourtant hautement pollué.

6 – L’agriculture

Cela peut sembler étonnant, mais il y a deux petites zones agricoles à Couzon. La première est située le long du chemin de crête qui descend du mont Thou à la Croix-Vitaize. La seconde est sur le lieu dit Pelocet, à la limite avec Saint-Romain et Saint-Cyr. Il existe pour cette zone un projet d’élevage de porcs en plein air. 

Une réserve foncière est également mentionnée à la Croix-Vitaize, probablement en vue d’aménager un parking pour les promeneurs.

Contribuez au débat !

Pour exprimer votre avis dans le cadre de l’enquête publique, vous pouvez

  • vous rendre en mairie pour remplir le registre à tout moment,
  • échanger avec le commissaire enquêteur le 5 juin de 8h30 à 11h30,
  • déposer une contribution en ligne sur ce site.

En chiffres

  • 235 logements ont été construits en 9 ans.
  • À moins de 10 logements construits par an, la commune pourrait perdre des habitants. 
  • Prix de l’immobilier à augmenté de 21 % depuis 2012.
  • Au 1er janvier 2014, il existe 112 logements sociaux. C’est 10,7 % du parc.
  • Le village n’est pas soumis à l’obligation légale de 25 % de logements sociaux dans le cadre de la loi SRU. C’est le SCOT puis PLU-H qui l’impose.
  • 24,7 % des Couzonnais ont plus de 60 ans, 33 % ont moins de 30 ans.
  • De 99 à 2014, le village perd un habitant par an. 

A propos de l'auteur de cet article

Nicolas Gauthy
est l'auteur de 56 articles sur VivreCouzon.org

Nicolas est l'un des membres fondateurs de Vivre Couzon dont il est actuellement Président. Il est également l'un des piliers du comité de rédaction de VivreCouzon.org