Préparez-vous, LINKY arrive

ENEDIS-ERDF a entrepris depuis quelques années l’installation et le remplacement de tous les compteurs électriques en place par le modèle LINKY avec un objectif de 95% en 2021 ; la volonté étant d’aller très vite pour pouvoir ensuite exporter le modèle. La commune de COUZON devrait être concernée dès 2018.

Cette disposition, qui représente un investissement de l’État de plus de 5 milliards d’euros voit son origine en 2004 dans la loi POPE (Loi de Programmation fixant les Orientations de la Politique Énergétique) avec des objectifs économiques et financiers dans la réduction des couts de réseaux et d’exploitation. Elle a ensuite été élargie à la loi de transition énergétique qui impose à ENEDIS la mise en place de « compteurs intelligents ».

Ses ambitions principales annoncées :

(Source

  • Faciliter la gestion de la production à l’échelle nationale, notamment les pics de demande.
  • Permettre au consommateur de maîtriser ses consommations et d’adapter la puissance de son compteur depuis son espace personnel mais aussi par la proposition de conditions plus adaptées à son usage.
  • Faciliter les déménagements avec la portabilité du contrat et paramètres ainsi qu’une mise en service facilité sans l’intervention physique d’un technicien.
  • Améliorer la performance des interventions de maintenance sur le réseau (détection, localisation des défauts).

Sur le plan technique :

Il s’agit de recueillir les informations de consommation de chaque utilisateur en temps quasi réel au moyen d’un courant porteur en ligne (CPL) de l’installation électrique vers le compteur, puis vers un concentrateur  (échelle de la rue, du quartier…) qui communiquera les informations toutes les 40″ à un DATA CENTER, alors via un réseau GSM (voisin de la 2G) semblable à celui des téléphones portables.

Même si des évolutions du système sont envisagées par le distributeur, comme la possibilité de raccorder certains appareils au compteur pour en exploiter les données (avec quel protocole ?), ENEDIS n’en fait pas encore état et le fonctionnement sera dans un premier temps uniquement lié à la consommation du foyer…

Sur le plan sanitaire :

Toutefois le ministère concerné l’interprète par une conformité du compteur LINKY en termes d’exposition aux ondes électromagnétiques dont la limite est fixée à 100mt (micro-teslas). Ce seuil excessivement haut ne gère que les effets thermiques  et correspond quasiment à des brûlures ; il est donc sans problème respecté par LINKY – vous ne serez pas brûlé par votre compteur !

  • Or dans le même temps les règles de constructions imposent des seuils de :

– 1mt pour la constructibilité près d’une ligne Haute tension

– 0,4mt pour des locaux recevant des enfants (risque de Leucémie et classement « potentiellement cancérogène » par l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé).

  • La CRIIREM préconise également des distances de :

–  2m entre le compteur et l’habitation

–  5m entre le concentrateur et l’habitation

  • Pour la collecte des informations, le CPL irradie le réseau basse fréquence (50Hz) des installations électriques en hyper-fréquences, les rendant ainsi rayonnantes en tous points du réseau public mais aussi de votre logement. Vous ajoutez le maillage des relais nécessaires à l’acheminement des informations et vous baignez dans un « nuage électromagnétique » de plus en plus conséquent pour notre environnement ; tout cela alors qu’aucune certitude n’existe sur l’innocuité des rayonnements électromagnétiques pour la santé.

Sur le plan environnemental :

  • Le LINKY est présenté comme un grand projet écologique permettant d’ajuster la production par une étude fine permanente, en coordination avec les apports d’énergies renouvelables et le développement de « réseaux intelligents » interconnectés.
  • A la mise au rebut de 35 millions de compteurs récents (qui auraient pu servir encore 30 ans pour une durée globale de 60 ans) succèdent des appareils dont la durée de vie est évaluée à 20ans, difficiles à recycler et avec une obsolescence numérique quasi certaine avant terme.
  • L’association NEGAWATT le restreint à un intérêt éventuel pour les gros consommateurs ou à l’échelle d’un quartier… c’est l’option choisie par l’Allemagne.
  • Le stockage des informations par le biais des « DATA CENTER » est extrêmement vorace en énergie pour son fonctionnement et le refroidissement des serveurs – nouvelle consommation à mettre en rapport avec les économies réalisées ?

Et pour l’usager :

  • Le compteur LINKY, annoncé comme indolore financièrement  est en fait payé dans le cadre du  TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité) sur chaque facture.
  • La consultation de sa consommation d’énergie (avec un décalage de 24h) peut permettre à l’utilisateur s’il arrive à décrypter les données brutes, de définir et comparer ses consommations, voire de demander la modification de puissance de son compteur. Ce qui est déjà possible actuellement.
  • L’information donnée en Kwh (et non en €) ne permettra toujours pas de faire de lien avec la dépense financière…
  • L’offre d’abonnement par pas de 1Kwh (actuellement choix de 3, 6, 9, 12Kw/h) n’aura plus aucune souplesse ; une légère surconsommation entrainant automatiquement le tarif supérieur.

Au final peu d’économie en perspective… une bonne campagne sur les Eco-gestes ne serait-elle pas plus efficace ?

Mais pour ENEDIS :

Dans cette optique de « maitrise des consommations » et «  d’économies d’énergies» appuyée par l’Europe, relayée par l’état, et mis en œuvre par les distributeurs d’énergie, différents acteurs y voient une belle aubaine :

Chacun comprend que la transition énergétique doit passer par l’analyse et l’optimisation de ses consommations – point plutôt positif – mais qui nécessitera un accompagnement vertueux pour ne pas tomber dans « l’empilage de rustines ». La communication et le débat sont déjà en cours et ont été initiés par les ministères et ENEDIS, il reste donc aux industriels d’observer et de se lancer quand l’opportunité se présentera.

Par contre, dès le début de sa mise en route, le distributeur y trouve son compte avec les informations dont il a besoin :

  • Au-delà des emplois crées de façon éphémère, voire délocalisable, pour la fabrication et l’installation, la masse salariale afférente aux opérations de relevés et traitement sera supprimée (10.000 emplois) –  là l’économie est probante,
  • Laissant de côté toute appréciation ou rapport « humain » en cas de difficulté de paiement ou retard, la coupure pourra être immédiate avec frais de remise en service. Des abonnements ou tarifs spéciaux pourraient être envisagés pour les personnes en difficulté avec par exemple un forfait limitant les consommations – prévoir les bougies au-delà !
  • Retour des pannes régulières, consommation jour par jour et donc gestion simplifiée des actions à distance
  • Transmission anonyme des consommations de chaque concentrateur pour études au niveau communal ou territorial sans relevé physique.
  • mais il se laisse la possibilité d’exploiter ou vendre les données brutes des compteurs (partie analyse au-delà du compteur – première réserve !)

Ce n’est probablement pas ENEDIS qui développera et exploitera ces possibilités, mais elle pourra vendre à d’autres sociétés des licences ou des brevets d’utilisation du « cerveau LINKY »;  Ainsi :

  • La gestion en temps réelle de vos consommations pourra être réalisée par un petit module qui a déjà sa place réservée dans le compteur LINKY. Ce module pourra être connecté via wifi ou autre protocole pour une utilisation sur une application domotique, web, smartphone… ces infos se vendent et s’utilisent pour proposer les offres qui vous (leurs ?) sont le plus adaptées.
  • La possibilité de commander la mise en route / extinction ou fonctionnement adapté de vos appareils selon un profil défini (à l’image du relai heures pleines / heures creuses automatique) pourra être également réalisée par ce module (avec appareils communicants ou autres accessoires de  commande…)
  • Dans le but de vous accompagner dans vos économies et optimisations… des sociétés privées pourront :

–   analyser finement vos consommations par un algorithme déterminant votre profil, votre mode de vie, vos habitudes, vos loisirs, vos congés… intrusion inacceptable !

–   exploiter ces données en toute opacité (avec les risques de piratage connus) à des fins commerciales. D’une économie de Service, votre accès à l’électricité devient une économie de Données mais au profit de qui ? Certes votre carte bancaire, votre navigation internet, votre téléphone portable, votre présence sur des réseaux sociaux… sont autant de moyens de récupération de vos données déjà acquis dans une transparence totalement unilatérale et sans aucun pouvoir,  mais là encore c’est votre choix.

–   vous rendre « captif » de l’offre domotique dont la compatibilité avec d’autres fournisseurs d’énergie n’est pas garantie et pouvant impliquer la nécessité de remplacer votre matériel dans ce cas.

-…

En conclusion, si ce n’est pas l’utilisateur qui paye directement ces compteurs, il y viendra en souscrivant les services vendus par des sociétés qui achètent les licences ou brevets LINKY pour fonctionner : La boucle est bouclée !

Et si je ne souhaite pas avoir ce compteur LINKY

pour toutes ces raisons d’ordre sanitaire, environnemental, social et citoyen :

  • Précisons tout d’abord que ce sont les communes qui sont  propriétaires de votre compteur et pas ENEDIS ; malheureusement la mutualisation des services de l’énergie communale s’est très souvent transformée en « Délégation de service public » (SIGERLY et Métropole pour Couzon) avec l’abandon de la plupart des prérogatives et l’extrême difficulté de ne pas suivre le mouvement général même si c’est toujours possible.
  • 484 communes à ce jour s’opposent à l’installation des compteurs LINKY malgré les pressions de l’état par le biais des préfets et tribunaux administratifs.
  • Si le compteur se trouve à l’extérieur (rue, paliers immeuble…), vous aurez la surprise de le voir remplacé sans aucune demande d’autorisation de votre part.
  • S’il est à l’intérieur de votre domicile, vous aurez un avis d’intervention et bien entendu des pressions si refus mais pas encore d’amende ni l’intervention ultime de la police ou d’un huissier ! (la loi de transition énergétique n’oblige pas encore les usagers à l’accepter)

Rassurez-vous, le compteur LINKY est  accompagné par GAZPAR pour le gaz et son homologue pour l’eau, dans un nuage d’ondes électromagnétiques de plus en plus épais – sujet que nous ne manquerons pas d’aborder dans de prochains articles voire l’organisation d’une conférence-débat à Couzon…

De nombreuses associations et publications apportent des informations, argumentaires ou actions dont quelques liens ci-dessous :

L’AGE DE FAIRE – « SEXY LINKY » petit ouvrage synthétique rédigé en 2016 par Nicolas BERARD et qui a servi notamment de support à cet article – https://www.lagedefaire-lejournal.fr/

PRIARTEM :   http://www.electrosensible.org/b2/index.php/compteurs-communicants/

https://www.quelleenergie.fr/magazine/technologies/linky-intox-zones-ombres-56429/

Des collectifs locaux qui organisent des débats et actions : stoplinkynonmercilyon@gmail.com

Association de prévention des ondes électromagnétiques (Drôme) : POEM26 – 5 rue Hugues de Lionne – 26100 Romans

http://refus.linky.gazpar.free.fr/

https://www.robindestoits.org/Les-opposants-au-compteur-Linky-reviennent-a-la-charge-Batiactu-com-04-05-2015_a2307.html 

https://blogs.mediapart.fr/pierre-lassalle/blog/110316/kit-de-refus-compteur-linky

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est l'auteur de 14 articles sur VivreCouzon.org

Bertrand est l'un des membres fondateurs de l'association Vivre Couzon dont il est actuellement trésorier-adjoint. Il est en outre membre du Comité de Rédaction de VivreCouzon.org.