Rassemblement réussi pour Sathonay-Trévoux

Ce jeudi 11 décembre 2014, le CTVS appelait à un rassemblement devant l’hôtel de la Région Rhône-Alpes afin de demander l’inscription de la ré-ouverture de la ligne Sathonay-Trévoux.

Vous pouvez trouver de plus amples informations sur ce projet dans notre article publié précédemment en cliquant sur ce lien.

Si l’appel du CTVS n’a pas réuni une foule considérable, il n’en a pas moins été remarqué par les élus régionaux dont plusieurs, profitant d’une suspension de séance, sont venu au devant des manifestants pour leur exprimer leur soutien.

Une mobilisation difficile… pourtant nécessaire

Selon un responsable du CTVS «il est aujourd’hui difficile de mobiliser un grand nombre de citoyens sur ce projet car pour beaucoup il est en cours de réalisation». En effet l’action du CTVS a débuté il y a maintenant plus de 20 ans et les habitants du Val de Saône en ont beaucoup entendu parler. Aussi ils ont tendance à considérer que le projet est acté et que les travaux vont débuter sous peu, d’autant que Michel Raymond, Maire de Trévoux jusqu’en début d’année avait annoncé une possible mise en service pour 2017. Alors que, comme le souligne les responsables de l’association «C‘est maintenant que tout se joue : les études ont été faites, il ne manque plus que la volonté politique et les moyens financiers. C’est pour cette raison que la ré-ouverture de la ligne ferroviaire Sathonay-Trévoux doit être inscrite au Contrat de Plan Etat-Région 2015-2020.» C’est la raison pour laquelle le CTVS appelle à la mobilisation de tous les habitants du Val de Saône.

Dès le début du rassemblement, un membre du cabinet de Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes a proposé au CTVS de constituer une délégation qui allait être reçue non seulement par le cabinet du président de région mais aussi par les représentants de plusieurs groupes politiques siégeant à l’assemblée régionale.

D’une manière générale l’accueil du projet par les élus est plutôt favorable. Toutefois certains membres de la délégation ainsi reçue par les élus ont regretté les discours «un peu convenus, toujours les mêmes depuis des années».

Un projet bâtard

Et pour cause: si la Région porte le projet, c’est du côté de l’Etat que le bât blesse. Le Lyon-Trévoux serait ainsi victime de sa vocation purement péri-urbaine, c’est-à-dire ni intra-urbaine, ni réellement inter-urbaine.

Au départ, la Région, qui avait financé 500 000 euros d’études préalables, est prête à le co-financer avec l’Etat. Problème : l’Etat tergiverse. Début 2011, il avait recalé une première fois l’inscription de ce projet sur une liste de projets de transports urbains à financer. Il avait prétexté qu’il ne s’agissait pas d’un projet urbain, mais d’un projet ferroviaire classique. Sur ces motifs, il l’avait renvoyé au contrat de plan Etat-Région (CPER), une liste de projets cofinancés sur six ans.

Trois ans plus tard, alors que le CPER est en train d’être bouclé, l’Etat refuse encore d’y inscrire le projet, cette fois avec l’argument inverse, c’est-à-dire qu’il s’agirait cette fois d’un projet de transport urbain. Or, le CPER n’a pas cette vocation !

De la même manière, la Région est tentée de repasser le bébé au nouveau syndicat mixte des transports, version du Sytral lyonnais qui s’étendra à l’ensemble du département du Rhône dès le premier janvier prochain.

Jean-Charles Kohlhaas, président de la commission Transports de la Région, a déjeuné ce jeudi avec les conseillers municipaux couzonnais Liliane Besson et Jean-François Tanguy. Il leur a fait part d’une porte de sortie possible, se basant sur une expérience faite par la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur sur la ligne Nice-Digne-les-Bains. Là-bas, la Région a repris la gestion de la voie à Réseau Ferré de France pour la confier à une régie régionale des transports, créée pour l’occasion, les Chemins de Fer de Provence.

Cependant, la question du financement reste entière. Seul un co-financement Région – nouveau Sytral semble aujourd’hui envisageable. Alors, la prochaine manif aura-t-elle lieu devant le Sytral?

Couzon était là !

Outre Vivre Couzon qui était représentée par plusieurs de ses membres, il convient également de noter la présence de Liliane Besson, Conseillère municipale déléguée aux transports, qui a participé à la délégation reçue par les élus régionaux.

Rive droite et rive gauche

La question que les Couzonnais peuvent légitimement se poser est celle de l’intérêt de la ré-ouverture de la Galoche pour notre village.

A cette question plusieurs réponses peuvent être apportées, sans d’ailleurs qu’elles soient exhaustives et que vous pouvez compléter :

⇒ Le Val de Saône constitue en lui même un bassin de vie. Ce qui impacte une rive impacte inévitablement l’autre. On peut le constater, par exemple, chaque fois que l’un des ponts, entre Neuville et Collonges est fermé.

⇒ La voie ferrée « rive droite » est actuellement quasi saturée, empruntée tout autant par des habitants des deux berges de la rivière, aussi bien de l’Ain que du Rhône. L’ouverture d’une alternative soulagerait forcément la ligne SNCF Lyon-Mâcon.

⇒ Pour les habitants de la rive droite, il n’est pas toujours facile de rejoindre en transports en commun le secteur de la Part Dieu. Il y a de moins en moins de dessertes ferroviaires vers cette destination et les lignes TCL répugnent à traverser la Saône. La création d’une ligne de tram-train permettrait aussi à nombre d’habitants de la rive droite de rejoindre la rive gauche… du Rhône.

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A propos de l'auteur de cet article

Pierre Deleuze
est l'auteur de 76 articles sur VivreCouzon.org

Pierre est l'un des membres fondateurs de l'association Vivre Couzon dont il est membre du conseil d'administration. Il fait en outre partie du comité de rédaction de VivreCouzon.org.