Le restaurant scolaire sera détruit

Le futur restaurant scolaire, resté au stade du gros-œuvre, sera détruit au cours des prochaines vacances de Noël. Seules les fondations seront conservées. C’est ce qu’a annoncé le maire le 9 juin dernier en conseil municipal. De nouveaux appels d’offres seront ensuite lancés en vue d’une reconstruction.

Les déficiences du maçon

Pour près de 600 000 €, le projet de nouveau restaurant scolaire était pourtant l’investissement majeur du mandat précédent. Initialement, il aurait dû entrer en fonction le 15 mars 2014.

cantine1BDJusqu’à la fin 2013, tout allait bien. Le Grand Lyon assurait la maîtrise d’ouvrage pour le compte de la mairie, les élus aux travaux et à l’urbanisme devaient garder un œil sur l’opération, le maître d’œuvre (architecte) faisait son métier.

C’est le 25 février 2014 que les choses ont commencé à se gâter. Le conseil municipal a alors évoqué des malfaçons de maçonnerie compromettant la solidité de l’ouvrage : joints de dilatation mal posés, poutre fléchie, ciment de mauvaise qualité… Deux gaines d’extraction des fumées passent même au milieu d’une pièce destinée à devenir un bureau.

Une première expertise diligentée par la Mairie estimait le coût supplémentaire pour reprendre les travaux à 150 000 € en juin 2014. Il sera en effet nécessaire de détruire 50 à 75 % du bâtiment déjà sorti de terre.

Alors, qui est en cause ?

En premier, bien sûr, l’entreprise de maçonnerie qui mal mis en œuvre ce qui lui avait été prescrit. Ensuite le cabinet d’architectes qui a assuré le suivi du chantier. D’après nos sources, l’architecte aurait, à plusieurs reprises, averti les maîtres d’ouvrage des déficiences du maçon.

cantine3BDOn est surpris, vu l’énormité des malfaçons, que le chantier n’ait été stoppé qu’en février alors que des entreprises de second œuvre étaient déjà intervenues.

Toujours en 2014, une tentative de conciliation des assurances sur la base de l’expertise a été menée, en vain. Aucune assurance tous-risques chantier n’avait été prise, ce qui aurait permis de finir le restaurant indépendamment des délais de justice.

En juillet de la même année, la Mairie diligentait un référé d’expertise auprès du Tribunal. Le but : avoir un jugement à opposer aux entreprises ou à leurs assurances. Ce n’est qu’au printemps 2016 qu’on a pu tirer des conclusions définitives des nombreux passages d’experts sur le chantier : les malfaçons sont irrémédiables.

On prend le même et on recommence

Désormais, c’est le même cabinet d’architecture qui devrait relancer le chantier. Lors du conseil municipal du juin, des élus ont demandé pourquoi un maître d’œuvre qui a laissé passer d’aussi importantes malfaçons de la part du maçon a pu être reconduit pour la reprise du chantier. Le fait est que l’architecte est bien sûr chargé de coordonner tous les corps de métiers, mais il est également l’auteur du design et des plans du bâtiment. Changer de maîtrise d’œuvre aurait supposé de devoir créer de nouveaux plans et un nouveau projet, ce qui aurait impliqué encore plus de délai, encore plus de budget, et une démolition totale, fondations comprises cette fois.

« Mon avis est que ce cela reste pour l’heure le moins mauvais choix, affirme Yann Coric, conseiller municipal. Par contre, il faudra avoir conscience des défauts de cette maîtrise d’œuvre et insister pour que la maîtrise d’ouvrage (le Grand Lyon et les élus) marquent bien la maîtrise d’œuvre à la culotte. Nous avons également demandé en conseil à ce qu’une assurance tous risques chantier soit prise afin de nous prémunir de nouveaux écueils.»

(Mise à jour le 10 juin 2016 de l’article du 30 septembre 2015)

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A propos de l'auteur de cet article

Nicolas Gauthy
est l'auteur de 56 articles sur VivreCouzon.org

Nicolas est l'un des membres fondateurs de Vivre Couzon dont il est actuellement Président. Il est également l'un des piliers du comité de rédaction de VivreCouzon.org