Tour Chappe : Fabrice persiste et signe

Si rien n’est prouvé, Fabrice Vaulpré a encore quelques arguments qui portent à penser que ce sont bien les vestiges d’une tour de télégraphe Chappe qu’on peut apercevoir rue Chossegros.

Merci Luc Bovely pour cette contribution à ce débat, Tour de Chappe ou pas à Couzon ? On peut être ravi enfin que l’on parle de cette tour et que cela génère un débat… L’article de ce début de semaine, qui emploie le conditionnel a été écrit dans ce but.

Alors, légende ou pas ? 

L’histoire de la fonction de cette tour en télégraphe de Chappe a été transmise par voie orale par certains de nos anciens.

A ce jour, les seules informations dont nous disposons sur cette tour sont celles de l’architecte du patrimoine réalisées en l’an 2000. Il avait développé une thèse assez étayée, qui a été publiée dans mon premier article. Il a bien dû se fonder sur certains documents d’archives. Malheureusement, nous ne disposons pas de ces documents au niveau communal. Donc aucune preuve historique pour le moment.

Basons-nous donc alors tout d’abord sur l’architecture elle-même de cette tour. On le sait déjà, cette tour a tous les attraits d’une tour de Chappe, mais ce n’est pas suffisant pour dire qu’elle en est une.

Mais intéressons-nous plutôt aux deux murs d’enceinte et promontoires qui la ceinturent face au Val de Saône. Cela ressemble étrangement à une protection défensive. Alors pourquoi donc protéger une simple tour de cette manière si elle n’avait pas un véritable intérêt stratégique ? D’autant plus qu’elle a été construite loin des axes communaux de l’époque, au milieu des vignes.

tourchappe3Rappelons aussi que les canuts se sont emparés de certaines tours, notamment celle de Lyon Saint-Just. Une leçon peut-être retenue lors de la construction de futures tours pour cette présumée ligne bis.

D’autre part, il faut savoir que le gouvernement central avait confiance en la population de Couzon et surtout à ses carriers, car ceux-ci sont restés fidèles au pouvoir central lors de la révolte des canuts. Ils on fait face aux canuts lyonnais qui voulaient s’emparer de leur poudre dont ils disposaient en énorme quantité pour l’extraction de la pierre de Couzon.

Mettons-nous donc dans le contexte de l’époque et menons notre enquête… 

Première révolte des canuts en 1831 et la deuxième en 1834. Pour le pouvoir central, il fallait donc qu’il se prépare à une éventuelle autre révolte, et de protéger ses moyens de communications Chappe. Si cette ligne bis a été envisagée c’était pour relier le camp militaire de Sathonay. Cette tour aurait dû émettre en direction de ce futur camp dont les aménagements ont commencé en 1851. Sachant que les communications optiques de Chappe ont été abandonnées en 1852, supplantées par le télégraphe électrique.

Troublantes non, ces deux dates ?

On peut donc émettre aussi l’idée que durant la construction de cette tour en lien avec la construction de ce nouveau camp militaire, le projet aurait été abandonné car supplanté par cette nouvelle technologie du télégraphe électrique.

Et si ce débat très intéressant permettrait de relancer de véritables recherches pour clarifier enfin, le mystère de la tour de Couzon-au-Mont-d’Or ? Hâtons-nous avant qu’elle ne tombe totalement en ruines…

Mot Clefs de cet article : , , , , , , ,

A propos de l'auteur de cet article

est l'auteur de 14 articles sur VivreCouzon.org

Il est membre de Vivre Couzon. Il participe largement dans les colonnes de VivreCouzon.org, au partage de ses intérêts pour le village et ses alentours. Pour lire tous les articles de Fabrice, cliquez ici.