Une tour de télégraphe « Chappe » à Couzon ?

img_6239Une tour qu’on présume avoir servi au télégraphe Chappe, datant du début du XIXe siècle, est encore visible à Couzon. Si c’est bien le cas, la restaurer pourrait permettre de doter Couzon d’un élément de patrimoine attractif.

Au nord de Couzon, située au bout de la rue Jean-Chossegros près de la grande carrière de Moletant, trône encore fièrement malgré les broussailles qui l’envahissent, une tour. Beaucoup de promeneurs passent devant en se posant l’éternelle question : « à quoi pouvait-t-elle servir ? »

Cette tour a toutes les caractéristiques architecturales d’un télégraphe optique de Chappe. Le télégraphe optique ou aérien de Claude Chappe a constitué un événement important dans l’histoire de la communication. Si le télégraphe électrique qui l’a détrôné a été beaucoup plus spectaculaire et efficace, son prédécesseur, invention française, mérite une plus grande considération.

Un message transmis en 40 minutes à la fin du XVIIIe siècle

A partir de 1793 un réseau de tours s’est constitué sur la France qui a perduré une soixantaine d’années.
Chaque tour que l’on appelle station disposait d’un mât vertical, supportant un bras mobile appelé régulateur. Le régulateur était terminé à ses extrémités par deux bras plus petits également articulés que l’on appellerait les indicateurs.

Régulateur et indicateurs étaient manœuvrés depuis une pièce située sous les toits, par un ensemble de leviers, le répétiteur. Ces leviers reproduisaient les mêmes positions que le bras qui l’actionnait.

img_5877-1Les signaux étaient répétés par les stations télégraphiques les uns après les autres, chaque station étant distante d’une dizaine de kilomètres. Cette invention permettait de transmettre un message en seulement 40 mn alors qu’il fallait 4 jours pour faire le trajet en malle poste.

Une ligne reliant Paris à Lyon a été achevée en 1807. Sur le département du Rhône, la ligne officielle traversait le Beaujolais et l’ouest du Mont d’Or avant d’arriver sur Lyon. On peut en voir deux exemplaires entièrement restaurés à Sainte-Foy-lès-Lyon et à Marcy-sur-Anse.

Un contournement de la ligne principale

Selon certains spécialistes, la nécessité de créer un contournement de ligne officielle par le Val de Saône reliant les stations du Beaujolais aurait été motivée pour des communications militaires vers la base militaire de Sathonay, car la ville de Lyon était, au début du XIXe siècle, une commune en rébellion contre le pouvoir central. Or, le départ des communications se trouvait dans un secteur proche des quartiers ouvriers de la Guillotière.

Un projet de réhabilitation resté lettre morte

Des travaux de recherches et de remise en valeur ont été menés sur ce site au début des années 2000. Nous en publions le descriptif et les croquis dans le diaporama ci-dessous. À ce jour, ce projet n’a pas abouti.

Cette tour qui surplombe deux magnifiques terrasses et qui offre aussi un point de vue exceptionnel sur le Val de Saône se situe dans une zone protégée. Autrefois, planté de vignes, cet espace mériterait vraiment d’être mis en valeur et pourrait devenir un point de départ en créant un parcours en partenariat avec le syndicat mixte des Monts d’Or. Cela permettrait de découvrir non seulement cette tour et son histoire, mais aussi la plus grande carrière du Mont d’Or qui offre une magnifique coupe géologique ainsi qu’une très belle faille. Ce parcours pourrait enfin, rendre hommage au passé de Couzon et des carriers car n’oublions pas non plus que Lyon s’est construit par leur travail et la pierre de Couzon.

Note de la rédaction : Le présent article reprend la très intéressante théorie de l’architecte du patrimoine auteur des documents ci-dessous. Le bâtiment présente en effet des caractéristiques des tours Chappe. Cependant, une preuve historique formelle de l’existence de cette ligne secondaire reste encore à apporter. 

 

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